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Landolfi, un centenaire inaperçu

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Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013

Tommaso LandolfiLa presse friande de célébrations, les éditeurs toujours prompts à rappeler les vertus de leurs antiques catalogues, les libraires qui devraient être des gardiens du fonds, peu parmi tous ces gens ont pris le temps de se souvenir d'un centenaire qui aurait mérité au moins autant de bruits que l'anniversaire du grand Pavese de Turin : il y a cent ans naissait un des plus importants écrivains italiens du XX° siècle, celui qu'André Pieyre de Mandiargues (qu'on célèbrera lui comme il se doit l'an prochain, espérons-le) considérait comme l'auteur de "l'œuvre la plus originale et la plus séduisante de la littérature contemporaine" de la péninsule, Tommaso Landolfi. Disparu en 1979, il a laissé aux lecteurs français une bibliographie suffisamment conséquente (même si les épuisés ne manquent pas) pour qu'on ne puisse se retrancher derrière l'excuse de la rareté. Dernier éditeur en date à s'y être intéressé, Allia a édité courageusement trois volumes de cet homme du Latium. On y peut découvrir son goût pour la cruauté, sa fascination pour les hallucinations, sa délicatesse morbide et raffinée, tout cela fruits d'une vaste culture. Traducteur, lecteur effréné, Landolfi habitait sa bibliothèque comme un royaume dont sortaient d'inquiets messages qui prenaient des allures de romans ou de nouvelles. Pour se convaincre de son talent on ira faire un tour dans la traduction du brillant Mario Fusco de ses recueils ou dans celle de Monique Baccelli de son passionnant journal intime (Rien va). Il ne reste que quelques jours pour célébrer ce centenaire passé à la trappe… A moins qu'en 2009, on ajoute à ses bonnes résolutions celle, pleine de promesses de faire la rencontre de ce prosateur élégant qui vieillira, c'est certain, bien mieux que beaucoup pour l'heure à peine cinquantenaires.