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Le bistrot de Vidalie

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Une actualité de David V.
Publié le 24/11/2014

Albert VidalieAlors que ressort en petite vermillon  L'argot du bistrot de Robert Giraud qui "jaspinait le mieux la langue verte des buveurs de rouge" (Sébastien Lapaque), ressurgit miraculeusement Albert Vidalie, qui lui aussi s'y connaissait en matière de bibine et de zinc, grâce à l'indispensable Dilettante dont on ne dénombre plus les redécouvertes et les résurrections et auquel nous élevons notre verre, reconnaissants. Avec Albert Vidalie disparu en 1971 les loups de la littérature sont revenus dans Paris (il est l'auteur de la merveilleuse chanson de Serge Reggiani, un joli coup, ouh) et ça croque et craque à tout va, dans la meute qui compte Fallet ou Blondin, ces jouisseurs de mots qui savaient trouver de la poésie dans un rade ou sous un réverbère. Grâce à lui un bougnat devient philosophe, un banlieusard devient une figure, une triste petite rue de Paris une scène splendide, Charlot habite près des vatères. Quelques pages et c'est un morceau de ciel gris dans votre assiette, un coin de Paris dans vos lunettes, une comédie humaine qui ne reluit guère mais touche infiniment. Quelques lignes et c'est un style qui prend forme et un art saisissant du décor dressé en trois formules. Argotique, mais pas toujours, lyrique mais sans excès, rêveur quand ça lui prend. Vidalie a plus de verbe, plus de musique en lui que Jean-Paul Clébert redécouvert l'an dernier mais qui sentait un peu sa sueur d'écrivain mal rabotté. Sa gamme est plus étendue et le recueil du Dilettante, L'Aimable-Julie, Monsieur Charlot et consorts, nous le prouve qui nous offre ses multiples visages, ses faces de lune et de soleil. On nous redemande du Fallet, c'est vrai, même si le temps de la ferveur est passé. On nous réclame moins du Blondin qui subit son purgatoire, intranquille. On a vu réapparaître Giraud dont le vin des rues a encore bon goût et tâche bien encore les chemises blanches. Et nous persistons à conseiller du Yonnet qui en plus du talent a su se faire rare. L'heure de Vidalie, entre chien et loup, a peut-être sonné. Goûtez-y, ça rince le gosier en ces temps de rentrée où les tacherons ont pignon, sur rue tout au moins.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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