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Le Festin de John Saturnal

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Une actualité de Marie
Publié le 08/01/2014
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John et sa mère Susan vivent dans un petit village de la Vallée de Buckland, dans l’Angleterre du XVIIème siècle. Obscurantisme oblige, lorsqu’un moine fou et fanatique prend le contrôle de la bourgade, Susan, sage-femme, est accusée de sorcellerie. Chassés, traqués, ils trouvent refuge dans un sanctuaire oublié où Susan lègue à son fils le secret du Festin. Un grand banquet digne du Paradis, où une journée n’aurait pas suffi à faire le tour des tables remplies des mets les plus délicats. Devenu orphelin, John est envoyé aux cuisines du Manoir de Buckland, en tant que cuisinier. Maître Scovell, le cuisinier en chef, règne sur un monde bouillonnant et frémissant, plein d’odeurs incroyables, dans une cuisine plus vieille que le château où brûle un feu plus ancien que la cuisine elle-même, qui jamais ne s’éteint. Dès son arrivée, il fait la connaissance de Lucretia, la fille du seigneur, une jeune fille troublée mais vive et drôle, à la limite de l’anorexie mais qui va petit à petit fondre pour le cuisinier de génie, et réciproquement. Pour que le domaine reste dans la famille, elle est forcée d’épouser son cousin fauché Piers Callock, un ivrogne invétéré dès sa plus tendre enfance et dont le visage, d’après Lucretia, ressemble à un panais. John, devenu depuis un grand cuisinier, est chargé de préparer le repas de noces. Mais la nuit précédant le banquet, tout est annulé : Cromwell vient de renverser le gouvernement, nous sommes en guerre civile. Après des années de conflits, la dictature s’installe, l’ordre est bouleversé, mais cela pourrait bien être la seule façon pour John et Lucretia de se libérer de la malédiction qui pèse sur eux.

La vie prend parfois des tours et détours compliqués, et ce livre étrange et époustouflant vous emmènera loin, très loin. Il tient à la fois de la fiction, du documentaire, du roman d’amour, du conte de fées et du livre de cuisine. On le dévore, on s’en délecte, page après page, comme de délicates pommes chaudes servies dans un écrin de crème au miel. Mijotée pendant 12 ans, cette œuvre aura bien mérité qu’on la déguste en esthète averti. Lecture à vous couper le souffle, à vous faire oublier qui vous êtes et d’où vous venez, on en ressort presque tremblant, pantelant. Mythe et réalité se confondent, se coupent, se rejoignent. Les légendes trouvent leur écho dans les murs du Manoir de Buckland, et quand on pose une question du passé, c'est toute la Vallée qui répond. La vivacité de l’écriture, des tournures de phrases, la richesse à peine croyable du vocabulaire et la qualité de la traduction donnent à ce livre très documenté un relief tout particulier. On se prend au jeu, on renifle les odeurs de cuisine, on s’imagine goûter les plats avec John et Lucretia.

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Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !