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Le jardinier d'Otchakov d'Andreï Kourkov

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Une actualité de Marilyn A.
Publié le 29/05/2013

Par un matin d'hiver, dans la banlieue de Kiev où rien d'exceptionnel ne se passe jamais, un jardinier vient proposer ses services à la mère d'Igor. N'est-ce pas étrange par un temps pareil ? Il a l'air honnête cependant et un brin de déblayage ne serait pas du luxe. En quelques phrases et une poignée de main le voilà installé dans la remise du jardin. Igor, un trentenaire au chômage et qui entend bien le rester, ne doit pas croire au destin mais il est indéniable que  l'arrivée de Stepan bouleverse sa vie. Tout d'abord, le tatouage sur l'épaule du jardinier, qui a été fait depuis tellement longtemps qu'on ne distingue plus aucune forme, va le conduire dans la petite ville d'Otchakov dans laquelle ils vont trouver un trésor ! Dans le cas d'une telle découverte, il était convenu que le jeune homme toucherait un tiers des revenus. Trois valises : deux pleines d'argent, la dernière contenant le vieil uniforme de la milice. Devinez ce qu'obtiendra Igor ? Le costume, gagné ! Heureusement, il est loin d'être vénal. Il profite d'ailleurs avec bonne humeur de sa nouvelle tenue qu'il revêt pour une grande fête donnée en ville. Igor se dirige alors vers la gare centrale, ses bottes d'officier claquent sur le sol et résonnent dans la rue déserte, il est persuadé de s'amuser comme un fou ce soir-là. La gare ne doit plus être très loin... il ne l'atteindra jamais car le voilà retourner à Otchakov, mais dans les années 1950 ! C'est le début d'une histoire rocambolesque... La folie existerait-elle sans Andreï Kourkov ? Ouvrir un livre du célèbre auteur du Pingouin, c'est se laisser aller, accepter de ne pas savoir où il va nous entraîner ou ce qu'il va encore inventer. Ne vous méprenez pas cependant, rien n'est écrit gratuitement dans ses romans. En faisant défiler les pages du Jardinier d'Otchakov, publié aux éditions Liana Levi, on sent la tendresse qu'il porte à ses personnages car nous finissons toujours par les aimer nous aussi, mais ce n'est pas que ça. Le plus important, le plus surprenant aussi, est son regard critique sur la société post-soviétique, mais qu'il transforme toujours pour la tourner en dérision.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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