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Le livre d'or des gens de Sunne

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Une actualité de Stéphanie
Publié le 16/03/2016

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Stellan rêve, des étoiles plein les yeux. Il rêve des "grands" de ce monde dont il collectionne les autographes, il rêve des lieux qu'ils ont vus , de ce qu'ils ont accompli, lui qui n'est qu'un "petit" épicier, dans une petite ville suédoise qu'il n'a pratiquement jamais quitté.

Il faut dire qu'il est un peu pathétique ce Stellan , un gentil "chien" à ce que pense secrètement Cederblom, le pasteur de Sunne: il note scrupuleusement le nom des personnages historiques dont parle le pasteur et se précipite ensuite à la bibliothèque. Il est du genre à emmener sa mère en voyage alors que c'est sa lune de miel, à épouser une femme qu'il n'aime pas, Anita, alors qu'il ne pense qu'à Isabelle. Il est du genre à se laisser marcher sur les pieds par tout le monde, pendant des années, tout en étant capable d'un terrible accès de violence à cause d'un simple disque de Sinatra.

Et pourtant il est touchant, possède un certain sens de l'humour, de la philosophie et une grande lucidité sur lui-même. C'est grâce à cette perspicacité qu'il va raconter la vie à Sunne, tout nous décrire en une formidable galerie d'événements, de lieux et de portraits : le pasteur, Harald le peintre, la fête commémorative, Isabelle, l'épicerie, l'astronaute, le père de Stellan...

Traquant les plus infimes défauts et qualités de ses voisins, leur mesquinerie, les plus petits bonheurs et malheurs de sa vie et de sa ville, Stellan prend sa revanche et règle ses comptes.

Ce livre doux-amer, sous forme de confession, nous fait passer du sourire au pincement de coeur, chaque personnage portant ses blessures et ses rêves. L'écriture inspirée de Göran Tunström (que les lecteurs connaissent peut-être déjà grâce à son excellent roman L'Oratorio de Noël), souvent poétique et philosophique, nous entraîne sur des sujets aussi variés que la foi, la folie, la magie, le quotidien, l'amour, la mort et les étoiles.

Et on ne peut qu'admirer son sens de la formule: " Personne sans doute n'est content de prendre de l'âge. Quand on célèbre ça, on sait que tous ceux qui participent sont ébréchés, échoués, blessés, brûlés, éteints, brisés, guéris, réparés, en cours de réparation, qu'ils sont couverts de mousse ou nettoyés, qu'il dérapent sur des pneus crevés, la seule chose entière et propre est leur extérieur bien soigné et repassé."

 

Le livre d'or des Gens de Sunne  chez Babel.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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