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Le Peintre d'éventail

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Une actualité de Marie
Publié le 05/04/2013

http://static.decitre.fr/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/8/4/3/0/9782843045974FS.gifIl existe, dans la province japonaise d'Atôra, une vaste maison traditionnelle paisible, cachée au pied de la montagne par de grands arbres feuillus. C'est la pension de Dame Hison, que vous pouvez reconnaître depuis la plaine à son châtaignier massif. Elle est ouverte à tous, et ne demande qu'à offrir réconfort, nourriture et chaleur humaine à ceux qui en ont besoin. La pension accueille en hôtesse admirable des personnages incongrus et fantasques, des amants en fuite à la vieille fille solitaire. Derrière les panneaux de bois se cache également un jardin hors du temps, hors de la réalité, loin de toute considération autre que végétale, minérale ou aquatique. C'est là que vient se réfugier Matabei pour échapper aux turpitudes de la vie urbaine après un regrettable accident. Errant dans la végétation luxuriante du jardin, il croise le chemin de Maître Osaki, le jardinier qui vit en ermite dans un pavillon isolé. Le vieil homme va le prendre sous son aile, et lui apprendre à harmoniser la nature sans la contraindre, et à exprimer sa profondeur dans une demi-feuille d'éventail. A sa mort, Matabei perpétrera le cycle et deviendra un deuxième Osaki, vivant reclu au fond du jardin et poursuivant l'œuvre du maître. Le jardin naîtra et renaîtra sous ses mains, dévoilant à chaque détour  de nouvelles perspectives, de nouvelles éclosions, cascades et jeux de lumière.

Les années passent et voient arriver le nouvel apprenti, Hi-Han. Comme Osaki avant lui, Matabei va initier le jeune homme à la beauté du jardin. Mais il y a certaines fleurs qui ne se partagent pas. Un drame se noue sur les chemins de rosée, et Matabei ne pense plus qu'à la fleur qui fredonne des comptines à la nuit tombée. Un jour qu'il se promène de l'autre côté de la montagne, il ressent quelque chose au plus profond de son être, il voit, il entend. Il comprend que c'est la fin. Le jardin n'est plus, la nature va reprendre ses droits, et bien plus encore.

Écoute le vent qui souffle. On peut passer sa vie à l'entendre tout en ignorant tout des mouvements de l'air. Les paroles du peintre d'éventail résonnent encore dans une nuit d'hiver. La poésie de ce livre est probablement un des plus beaux hommages que l'on puisse faire au Japon. C'est un récit qu'Hubert Haddad nous livre dans toute sa beauté et son émotion, une histoire de solitude, de déracinement total, car lorsqu'il ne reste plus que nous, que faire, à part tenter de reconstruire ce qui vaut la peine de l'être ? Paru aux éditions Zulma, Le Peintre d'éventail est un incontournable de ce début d'année. Il est complété par Les Haïkus du Peintre d'éventail, également disponible chez Zulma.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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