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Le polar coule à flot...

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Une actualité de Olivier
Publié le 16/03/2016

 

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Entendu, parfois : ils boivent vraiment beaucoup, dans le polar... Certes, certes, le roman noir classique est empreint (imbibé, allez savoir), d'alcool (parfois de contrebande !), et, pour fêter ça, la gueule de bois des libations de décembre définitivement oubliées (on ne m'y reprendra plus, vraiment...), nous accompagnons les galettes et les crêpes, avant les giboulées, d'une vitrine thématique pour nous rappeler nos malheurs hépatiques de l'année passée, nommée Alcool blues...

Plaisir d'exhumer de notre fonds quelques alcools forts de derrière les fagots, accompagnés par des appellations prestigieuses ou des crus prometteurs. Pour l'affiche, nous avons choisi de reproduire la superbe couverture Des clopes et de la binouze, titre de l'anglais Charlie Williams paru à la Série Noire (voir photo ci-dessus), une aventure de Royston Blake, dur à cuire (par intermittence) et videur, gros buveur de bière. A ne pas confondre avec son presque homonyme Charles Williams, américain celui-là, né au Texas en 1909, avec son grand classique Fantasia chez les ploucs, suivi de Aux urnes, les ploucs ! ou l'histoire d'une campagne électorale, où l'on carbure à la magouille et à la bibine. En vedette, les polars de l'irlandais Ken Bruen, série bien imbibée mettant en scène Jack Taylor, ancien flic de Galway, qui connaît les pubs comme sa poche ! Les titres donnent le ton : Delirium Tremens, Toxic Blues...  Jack Taylor a un cousin gallois en la personne de Robin Llywleyn, sombre héros de Robert Lewis, on se souvient de ses descentes aux enfers dans les bas-fonds de l'alcoolisme dans Dernier train pour Llanelli et Swansea terminal  parus à l'Esprit des Péninsules. A Londres, le Club de Bill James voit passer toutes sortes de drôles d'oiseaux, dont certains sortent passablement éméchés, alors que d'autres y fomentent des casses ou des enlèvements.

Pubs et blues font bon ménage dans les polars de Ace Atkins sur fond de Nouvelle-Orléans, citons Blues bar qui vient de paraître en format poche dans la belle collection Rivages/noir. On boit pas mal aussi dans les polars de James Crumley, sans parler d'autres substances plus illicites - l'occasion de ressortir du rayon nos petits préférés : Fausse piste,  la première enquête du privé Milo Milodragovitch et Le dernier baiser, livre culte avec C.W. Sughrue, où même le bouledogue, Fireball Roberts, est totalement alcoolique. Dans la même tradition, les "Aussie" ne sont pas en reste, le meilleur exemple en serait Derniers Verres, du talentueux Andrew McGahan, où George Verney, journaliste de son état, replonge dans ses travers passés avec un certain bonheur...

Sans oublier les grands classiques du roman noir, où l'on trouve du cognac consommé directement sur le zinc (Léo Malet, Simenon...), du whisky à même la flasque (ah, le grand Marlowe, créé par Raymond Chandler), voire dans des bouges à la limite de villes anonymes ( Une poire pour la soif, de James Ross, est inoubliable dans ce registre).

Pour conclure, Je suis un roman noir, par A.D.G., est un excellent exemple de mufflée monumentale "à la française", le soir de Noël de surcroit ! A vos gueules de bois...

 

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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