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Le polar lapon à l'honneur

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Une actualité de Véronique M.
Publié le 29/03/2016

détroit du loupLe rayon polar est en émoi ! Après le maître du roman sud-africain Deon Meyer attendu le 2 octobre à la librairie, nous mettrons le cap le mardi 7 octobre (également à 18h dans Les Salons Mollat) pour l’extrême nord de la Laponie en compagnie de l’écrivain Olivier Truc. Après Le Dernier Lapon unanimement salué et récompensé en 2012, il nous donne des nouvelles de sa police des rennes en venant présenter Le détroit du loup. Un deuxième grand coup de cœur à partager avec ses lecteurs nombreux à être emportés par le souffle du vidda.

S’il confiait dans une interview avoir eu l’idée de prendre un pseudonyme à consonance nordique tel « Trucsson », plus d’un s’y serait laissé piéger, et vos libraires aussi tant ce premier opus semblait écrit par un « vrai » scandinave! Preuve qu’ on peut être Français, journaliste et avoir adopté une âme lapone au point d’écrire un roman sur le sujet, comme nous le démontre cet amoureux des ces lointaines contrées vers lesquelles il a émigré il y a 20 ans. Correspondant des pays Baltes et nordiques pour Le Monde et Le Point, il a réalisé de nombreux documentaires sur la brigade des rennes qui existe réellement dans ce désert polaire.

laponieAu fait, saviez-vous que la Laponie est à cheval sur quatre pays ? Grâce à une carte qui ouvre chacun des deux romans, le lecteur se rend compte que la Laponie embrasse à la fois l’extrême Nord de la Norvège, la Finlande, la Suède et la Russie ! Inspirés des multiples rencontres d’Olivier Truc avec cette police de proximité en charge de régler les conflits entre éleveurs de rennes (la principale activité dans ce Grand Nord) et avec  le reste de la population, Klemet Nango et Nina Nansen sont à la tête de la patrouille P9. L’originalité et la vraisemblance de ce duo  tient à leur origine respective, miroir de cette société qui tente de faire coexister avec difficulté la culture laponne (Klemet est un Sami comme les éleveurs qui tentent de survivre selon les rites des anciens) et Nina la jeune recrue Norvégienne qui apporte donc la fraîcheur nécessaire et un vent de modernité bienvenus dans ces rudes paysages. A l’image du lecteur ignorant,  elle va apprendre et comprendre les valeurs et les plus sombres contradictions de cette culture menacée. Dès la première scène de son nouveau roman, nous sommes dans un polar certes ethnologique (l’intrigue est un prétexte à nous ouvrir à la connaissance d’un pays et de son peuple) mais qui respecte les codes du genre puisqu'un mystérieux accident secoue la communauté d’Hammerfest, capitale de la Laponie norvégienne. Erik Steggo, un jeune éleveur en charge de la transhumance de son troupeau vers le nord est étrangement victime, lors du délicat passage dans le détroit du Loup, d’un mouvement de panique de ses bêtes qui l’entraînent au fond de l’eau. Nils Sormi, plongeur vedette (également Sami) d’une des compagnies pétrolière qui prolifèrent dans cette région très convoitée pour ses ressources, est appelé pour repêcher le corps. En le remontant, Nils reconnaît son ami d’enfance... Peu après, ce lieu est le théâtre d’un nouveau drame : le maire d’Hammerfest est retrouvé mort d’une chute près du rocher sacré des Samis qui devait être déplacé pour des raisons d’expansion immobilière. Vengeance ? ou autre magouille politique, économique ? D'autres meurtres ne vont pas tarder à compliquer l'affaire pour Klemet et Nina.

La disparition de la civilisation laponne ancestrale, son mode de vie nomade sur le « vidda », ses « joïks » (chants traditionnels), ses tambours chamaniques (cf. premier volet Le Dernier Lapon), sa préservation de l’environnement et de l’harmonie de l’homme avec la nature, demeurent encore les enjeux de ce deuxième volet qui nous fait aussi partager le quotidien de plongeurs qui risquent leur vie pour le compte de riches exploitants Norvégiens et Américains. Et si le père de Nina, ancien plongeur qu’elle n’a pas vu depuis son enfance, était une des clés pour résoudre cette nouvelle énigme ?

Que pèsent les traditions millénaires face à la cupidité de l’industrie minière et pétrolière qui leur dérobe leurs richesses (au sens propre et figuré) ? La lutte est inégale, le constat amer voire désespéré sans que l'impeccable plume d’Olivier Truc ne s’en prenne explicitement aux puissants. Le choix de la fiction et de ses porte-voix (mention spéciale pour les personnages secondaires pleins de poésie et de fantaisie : l'oncle Nils-Ante, la douce Anneli) pour nous faire partager sa passion en dit peut-être plus qu’un essai engagé. La question méritera de lui être posée lors de sa venue !

Nul exotisme ni catastrophisme face à ce paradis trompeur et éblouissant  mais une invitation à un voyage lucide qui nous laisse rêveur face à ces grands espaces dont le polar n’a pas fini de nous conter les secrets qui gisent sous la glace. Rendez-vous le mardi 7 octobre avec l’auteur pour en savoir plus !

http://youtu.be/9IH_5MWVMjM

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !