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Le privilège des morts

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Une actualité de Olivier
Publié le 16/03/2016

300px-charles_willeford.jpgDes nouvelles de Charles Willeford (dans tous les sens du terme) avec la parution de La machine du pavillon 11 qui nous permet de retrouver un grand oublié de la littérature noire... Il a failli connaitre le succès avec la série Hoke Moseley, mais sa consécration est gâchée par son décès (nous sommes en 1988). Il laisse derrière lui une poignée de romans marquants et bizarres, qui nous reviennent lentement à la mémoire, et nous ont fait forte impression.

Patiemment éditée par Rivages, son oeuvre comprend deux veines. D'un côté, on peut trouver des romans noirs aux accents et aux préoccupations goodissiennes - ils sont contemporains finalement, Goodis étant né en 1917 et Willeford en 1919. L'île flottante infestée de requins et Une fille facile nous semblent par exemple d'excellents représentants de cette tendance, où les personnages subtilement ciselés sombrent, leur destin ravagé par l'alcool et la médiocrité (Goodis, on vous disait).

Son autre versant serait plus proche du polar de procédure classique, biaisée par une vision sarcastique et pessimiste de l'être humain, à mi-chemin entre Ed McBain et le héros anonyme et désabusé du britannique Robin Cook.  Entamons la série mettant en scène Hoke Moseley, flic dévoué aux causes perdues, et découvrons une Floride ravagée par la criminalité et l'ennui, non loin des visions déjantées de Tim Dorsey ou de Carl Hiaasen - la Floride fait la dent dure et le trait acide ! -  vision anticipée par le phénoménal portrait de Frederick Frenger, modèle parfait de psychopathe complètement ravagé (sic) du monumental Miami Blues (qui ouvre la série Hoke Moseley, la vie est parfois bien faite...).

Alors, souhaitons une chose à l'oeuvre de Willeford : entrer, enfin, au panthéon des grands du roman noir.

pavillon-11.jpg

Bibliographie