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Le prix de la liberté

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 30/08/2013

PrisonQuel lecteur averti n'a pas ses petites préférences en matière de maison d'édition ? Certes, rien n'est figé, cela peut évoluer, que ce soit dû à un changement de nos propres goûts ou à un tournant constaté dans telle ou telle ligne éditoriale. Alors voilà, j'avoue attendre chaque nouvelle parution qui vient enrichir le catalogue des éditions Cambourakis avec une impatience à peine dissimulée. Car on y trouve des perles, souvent des rééditions mais parfois aussi des textes inédits. Intitulé Le marchand de liberté, le roman qui fait l'objet de la chronique d'aujourd'hui est une réédition. Son auteur, Stanley Elkin, est aussi génial que méconnu. Si si, je vous assure... Il en existe encore plein qui n'attendent que vous pour être découverts, c'est réjouissant...

Je vous présente donc Alexander Main sans plus tarder, "le Bailbondsman, le bailleur de caution, le garant". Sévissant dans le Cincinnati des années 1960, notre (anti-) héros doit apparaître sous les contours de la fée clochette ou d'Aladdin aux yeux de plus d'une âme en peine. En effet, il se propose de payer la caution des individus en détention provisoire qui en manifestent le besoin, faisant ainsi du système judiciaire américain son gagne-pain... Après tout, c'est un service comme un autre, n'est-ce pas ?... Forcément, pour avoir l'idée d'exercer un tel métier, on imagine un type complètement loufoque, et on n'a pas tort ! "Et donc je suis Alexander Main, le bailbondsman phénicien, les difficultés d'autrui sont mon héritage. Alexander Main le Ba'albondsman, qui fait son devoir depuis des générations et qui adore ça, prospérant sur l'idée de la liberté qui est mon argent à la banque, qui est mon élément comme le sable était celui de mes ancêtres."

Le marchand de liberté, c'est la garantie - puisque c'est bien ce dont il s'agit - que vous allez passer un bon moment. Et les tribulations de cet uluberlu ouvertement déjanté ne seront pas sans vous rappeler celles de Fan Man, l'homme aux ventilateurs qui promenait son esprit enfumé à travers le New York des années 1970 dans le roman éponyme de William Kotzwinkle (cf. notre blog), à une différence près : la prose d'Elkin réussit la prouesse de rester extrêmement littéraire - tout en étant complètement explosive -, et ce bien que le lecteur soit parachuté dès les premières pages dans la tête de notre énergumène.

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?