Chargement...
Chargement...

Le temps gelé - Mikhaïl Tarkovski

9782864329718,0-4911116.jpg
Une actualité de Rayon Littérature
Publié le 10/04/2018
Les éditions Verdier traduisent pour la première fois en France Le temps gelé de Mikhaïl Tarkovski, qui donnera prochainement lieu à un second volume. Dans cet ouvrage, l'auteur, petit-fils du poète Arseni Tarkovski et neveu du célèbre réalisateur Andreï Tarkovski, partage avec nous son expérience de la vie au cœur des contrées les plus reculées de la Russie.
Installé depuis près de quarante ans sur les rives du fleuve Ienisseï, dans la petite bourgade de Bakhta, perdue dans la taïga sibérienne à quelque sept cent kilomètres de la petite ville la plus proche, Mikhaïl Tarkovski, né à Moscou en 1958, s’est converti à la vie « extraordinaire et indépendante » des chasseurs-trappeurs professionnels dont les récits, puisés dans la littérature, n’ont cessés de nourrir son imaginaire d’enfant. « Tout ce que j’écris, qu’il s’agisse de prose ou de poésie, je le dois à l’Ienisseï », nous dit-il en guise de prologue à ce livre, assemblage hétéroclite où s’entremêlent souvenirs personnels, portraits d’individus pittoresques, textes de fiction naturalistes et descriptions envoûtantes de la taïga. En fin de volume, Tarkovski prend même soin d’ajouter un « petit abécédaire de la vie dans la taïga », qui fournit au lecteur des renseignements sur le matériel utilisé par les trappeurs, les méthodes de confections ou encore les particularités de certaines espèces animales. Au moyen d'une prose alternant réalisme et poésie, l’auteur parvient à nous restituer un peu de la beauté des lieux et nous dépeint le caractère et les usages des populations qui y ont élu domicile, comme une déclaration d’amour à cette vie de rudesses et de liberté, qui s'inscrit en rupture avec l’époque contemporaine.

Installés dans notre confort urbain, canapé, chauffage au sol et éclairage artificiel, on ne peut réprimer une certaine admiration à l’égard de ces gens, autonomes et ingénieux, suffisamment forts et aguerris pour s’affranchir des commodités prodiguées par le monde moderne. Ce n'est qu'une fois le livre refermé qu’une inquiétude, diffuse à la lecture et qui n’est pas sans comporter une part d’ambiguïté, s’impose à nous de façon claire : combien de temps avant que notre rapacité ne mette un terme définitif à ces modes d’existence ? Un des mérites de Tarkovski, et non des moindres, est justement de nous contraindre à ce questionnement.

Nicolas

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (131)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (123)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !