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Les années atomiques

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Une actualité de David V.
Publié le 13/02/2014
Carchitecte qui a vite compris qu'il ne serait pas au centre de l'attention, d'autant que son goût pour la provocation a le don d'exaspérer les officiels. De leur côté, les Belges ont tout préparé pour cette comédie géante y compris d'accortes hôtesses aux longues jambes chargée d'aplanir tous les problèmes. Thomas est un homme vertueux même s'il lit Ian Fleming avec un plaisir où vient se nicher la tentation de l'aventure. Installé dans son rôle pour le moins étrange (surveiller le bon fonctionnement d'un pub dont le patron est ivre avant midi...), il découvre les joies de la séduction, des nuits sans fin, des soirées inattendues, des rencontres imprévues et n'est pas loin de succomber aux charmes de la jolie Belge qui lui a fait découvrir les lieux. Déchiré plus ou moins par un conflit de loyauté qui lui a néanmoins soufflé de ne pas dire à la demoiselle qu'il était marié, il navigue à vue avec ses principes et se laisse un peu balader par les uns et les autres. Quand on l'invite à grimper dans une voiture il ne fait même pas mine de protester, comprenant peu à peu que les service secrets (qui se sont assuré qu'il n'est pas un lecteur de Tolstoï) l'ont choisi pour une mission délicate : Wayne & Radford, les deux agents irrésistibles dont l'un termine les phrases de l'autre, ont dans l'idée d'en faire un pion de leur partie d'échecs avec les Russes en lui confiant la mission de séduire une Américaine en grand danger de succomber aux charmes d'un Soviétique trop curieux. Voilà notre garçon plongé dans des affres dont il peine à s'extraire, personnage hitchcockien sur qui pèse une menace qu'on ne parvient pas à prendre au sérieux, emporté dans un carrousel qui fait de la guerre froide une farce risquée. Au coeur du mensonge, confronté à des choix dont il n'est jamais vraiment le maître, Thomas Foley se transforme en figure de comédie sur l'illusion. Jonathan Coe donne le sentiment de s'amuser intensément et insuffle à son roman une énergie comique parcourue d'inquiétude qui le rend irrésistible car rien, jamais, n'est outré dans ses descriptions, dans ses analyses psychologiques, dans son histoire intelligemment scénarisée. Avec Expo 58, il signe sans doute une de ses oeuvres maîtresses, en équilibre sur des genres dont il a compris tous les ressorts. PS : sort en même temps chez Gallimard Jeunesse Le miroir brisé, un roman pour adolescents. (1)  dont subsiste encore l'étrange vestige de l'Atomium, monument très visité.      

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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