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Les fleurs de la mort

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 21/09/2013

Mort (source Aloys Rigaut)Intriguée par le contraste entre son titre et sa couverture - le dessin d'une couronne de roses à l'encre dorée sur un fond entièrement noir -, mais surtout curieuse de découvrir cette nouvelle réédition d'un texte de Istvan Orkény (1912-1979), c'est avec des prédispositions plus que favorables que je me suis lancée dans la lecture de Floralies, l'une des dernières parutions venues enrichir la collection Irodalom des éditions Cambourakis. Et c'est non sans plaisir que j'ai retrouvé dans ce deuxième roman signé par cet écrivain hongrois malheureusement encore assez méconnu les ingrédients qui nous avaient séduits dans Les boîtes (bien que ce texte soit manquant depuis quelques mois, vous pouvez toujours lire notre article à son sujet). Humour noir, cynisme et loufoquerie sont à nouveau au rendez-vous. S'il n'est point question de colonel et de guerre cette fois-ci, on constate en revanche que la mort demeure au centre des préoccupations de l'auteur. Aron Korom, jeune assistant-réalisateur, s'est mis en tête d'effectuer un documentaire cinématographique sur le trépas, sujet délicat s'il en est. "D'après mes supérieurs, la mort n'est pas un bon sujet, car tout le monde en a peur, alors que d'après moi, nous la craignons précisément parce que nous n'en parlons jamais, et que donc nous ne la connaissons pas. Depuis que le nombre des croyants a baissé et que nous avons perdu la perspective réconfortante de la vie dans l'au-delà, nous pensons à l'inéluctable, impuissants et désorientés, comme à quelque chose d'horrible et d'épouvantable." Voilà comment notre homme justifie son projet dans la lettre au premier ministre sur laquelle s'ouvre le roman. Vaine entreprise que celle dans laquelle il va se lancer avec acharnement : comment peut-il se figurer que la démystification de la mort est à la portée de tout le monde ? Et pourtant, il y croit dur comme fer et embarque une poignée de cobayes dans son expérience. Ces femmes et ces hommes dont les jours sont comptés vont dès lors accepter de témoigner devant la caméra jusqu'à leur dernier souffle.

Dans ce monde en proie à la déréliction, la froideur se conjugue à l'implacabilité pour déconcerter le lecteur. Si vous êtes en quête de pathos et de réconfort sur la question, passez votre chemin. En revanche, si vous faîtes partie des fervents lecteurs d'écrivains dans la veine de Ionesco et de Csàth, et si les textes grinçants et déroutants à souhait ne vous font pas peur, vous conviendrez aisément que Istvan Orkény est un maître de l'absurde et du décalage à côté duquel il serait dommage de passer.

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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