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Les héros sont immortels

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Une actualité de Véronique M.
Publié le 25/03/2016

 Pour son septième roman à paraître mardi 7 mai  aux éditions Fleuve noir, Karine Giebel frappe encore plus fort que précédemment et mérite vraiment sa place parmi les écrivains français de thrillers "purs et durs", tels Maxime Chattam - notez qu'il sera en dédicace le 12 juin à 16h à la librairie pour la parution récente du second volet de Léviatemps, La conjuration primitive -, Franck Thilliez ou leur aîné Jean-Christophe Grangé qui ont déjà montré qu'ils n'avaient rien à envier à leurs confrères américains. Karine Giebel serait-elle la première dame du thriller français qui en impose à ces messieurs ? A dévorer les 600 pages de son nouvel opus, on n'en doute plus !

Son précédent roman, Juste une ombre (également le 7 mai chez Pocket) faisait monter l'angoisse du lecteur qui s'identifiait à celle de Chloé, jeune femme traquée par une mystérieuse silhouette à moins que la folie ne la guette, jusqu'à la révélation finale proprement ahurissante comme dans tout bon suspense psychologique qui se respecte...

Purgatoire des innocents franchit un cap (voire plusieurs degrés dans l'épouvante) signant ainsi le livre le plus abouti de l'auteur dans l'exploration de la noirceur et si certains jugeront que le déferlement de violence est insoutenable voire gratuit, passez votre chemin ! Amateurs de frissons extrêmes, vous êtes les bienvenus dans ce tranquille patelin de l'Indre qui va devenir le théâtre sanglant d'un huis-clos où des âmes (innocentes ou déjà perverties par un passé criminel) vont trouver un drôle de purgatoire jusque-là inimaginable pour les personnages et... le lecteur. On ne peut qu'avancer à petite dose dans cet antre de la torture où ses séquestrés et le lecteur n'ont d'autre espoir inouï que d'échapper à une nouvelle visite de leur geôlier, un monstre sanguinaire dénué de compassion et animé, en disciple de Sade, par le seul plaisir de faire souffrir, encore et encore plus loin ses victimes qui vont lutter : avons-nous raison d'espérer avec elles et jusqu'au bout, qu'une lueur résiste au fin fond de cet Enfer ?

Deux frères truands aidés de deux complices ont commis un braquage de plusieurs millions de bijoux de la place Vendôme, mais le casse tourne au drame quand une passante est tuée, un policier blessé ainsi que le plus jeune des frères Orgione, William. Ces quatre malfrats s'enfuient in extremis mais comment Raphaël peut-il soigner son cadet grièvement touché, tout en évitant de se faire rattraper par les flics qui se mettent à les pourchasser ? Seule solution : se terrer dans un bled et faire appel à un médecin au plus vite qu'il faudra bien entendu prendre en otage pour sauver leur peau.Sauf que le seul recours disponible dans le coin est une vétérinaire, Sandra Thuillier qui sera avertie par Raphaël dès l'entrée dans sa ferme isolée, la planque idéale : "Si Will meurt, tu meurs". Raphaël, Will, Fred et Christel ne savent pas encore qu'ils vont découvrir bien pire et de prédateurs redoutables ils vont se muer, par un coup de théâtre habilement orchestré, en proies vulnérables mais ne seront pas les seuls dans ce calvaire puisque deux adolescentes, Jessica et sa copine Aurélie vont aussi faire l'objet d'une traque et d'une recherche par les flics de la région. Ce que ces professionnels vont découvrir dix jours plus tard dépassera tout ce qu'ils n'ont jamais vu dans leur carrière... Ce roman de la séquestration et de la lutte superbement orchestré et angoissant à souhait nous fait penser à l'excellent premier roman de Sandrine Collette, autre auteur(e) prometteuse : Des noeuds d'acier que nous avions remarqué, apprécié et qui renouvelle l'horizon du thriller français, en même temps que renaissait en début d'année la mythique collection "Sueurs froides". Un programme et des publications qui promettent décidément de belles nuits d'insomnie à venir pour les nombreux fans du genre !

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?