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« Les hommes font les maisons, mais les femmes font les foyers »

Gentilles filles, braves garçons - Roopa Farooki - éditions Gaïa
Gentilles filles, braves garçons - Roopa Farooki - éditions Gaïa
Une actualité de Marilyn
Publié le 16/02/2017
Ils sont l’espoir d’une nation et surtout de leurs parents. Gentilles filles, braves garçons (éditions Gaïa) dépeint une mère autoritaire et manipulatrice. Ses enfants n’ont alors d’autres alternatives que de riposter, chacun à leur façon.
Ils doivent réussir. Quel autre choix ont-ils ? Dans le cas contraire, ils seraient la risée du quartier, voire de la ville entière. Pour éviter un échec éventuel, la mère instaure des règles strictes qu’un enfant serait bien incapable de défier.

« Mon badge indique Sully, car c’est le nom que l’on me donne ici et je ne suis pas certain qu’ils se rendent compte à quel point ce surnom accidentel me va bien. To sully : souiller, foirer. Mon vrai nom ne rentre pas sur le badge : Sulaman Osman Saddeq. Sauf si je leur dis de l’abréger en S.O.S. Un appel à l’aide. »

Ces quatre enfants ; deux filles et deux garçons, sont éduqués de manière à ce que chacun accomplisse son destin. Petites, les filles sont choyées et ont certains privilèges jalousés par leurs frères. Bientôt en âge de se marier, il leur faut apprendre à tenir une maison et à s’occuper de leur futur mari. Leurs ambitions ne comptent pas, leurs rêves ne sont que caprices juvéniles.

L’unique occupation des garçons est leurs études. Il faut travailler dur pour surpasser leur père et devenir le grand médecin qu’il aurait souhaité être. Les élever dans ce seul objectif les empêche alors d’imaginer pratiquer un autre métier, ils ne se posent d’ailleurs même pas la question.

Ils ont de la chance par rapport à leurs sœurs ; au moins peuvent-ils aller s’instruire où bon leur semble – pourvu que cela soit dans une bonne université. Traverser un océan est alors un avant goût de liberté bien que plane sans cesse la figure matriarcale au-dessus de leur tête, comme un rappel constant.

« Mon frère et moi sommes aujourd’hui à des milliers de kilomètres et je me demande parfois s’il n’en a pas toujours été ainsi. Ma moitié fraternelle. Nous avons tous les deux fait ce qu’on nous a dit. Mais personne ne m’a jamais dit de ne pas tomber amoureux de garçons [...] »


Nul besoin de s’affirmer pour apprendre à tourner une règle en sa faveur ; il suffit de bien réfléchir. A-t-on jamais dit aux garçons qu’il était interdit d’aimer un homme ? Et les futures épouses, n’ont-elles pas le droit de se choisir un foyer dans lequel elles pourront s’épanouir pleinement, et ce sous le nez rancunier de leur propre mère ?

Des vengeances parfois dangereuses, surtout lorsqu’un gouvernement considère l’homosexualité comme un crime punit sévèrement.

« Cette histoire commence et se termine en un lieu qui n’existe plus et qui, déjà à l’époque, était entrain de disparaître. A Lahore, dans le Penjab, en Inde. Dans les années 1930 s’était déjà enclenchée la dynamique qui allait voir le territoire indien amputé de ses musulmans de l’est et de l’ouest, qui pendouilleraient de chaque côté comme deux membres sectionnés, ainsi que le regroupement de notre territoire divisé sous le nom de Pakistan. »


Dans ce roman situé avant, pendant et après la Partition des Indes, nous faisons la connaissance de quatre personnes enfermées par leur mère dans une prison mentale qu’ils sont bien en peine de fuir.

Leur révolte face aux injustices, leur peur de s’écarter du droit chemin mais aussi leur dévouement touchent le lecteur alors compatissant et surtout curieux d’apprendre comment chacun de ces personnages attachants va se délivrer de ses chaînes.

Roopa Farooki a fait de brillantes études de philosophie, de politique et d’économie à Oxford. Depuis 2004, après avoir travaillé quelques temps dans la publicité, elle se consacre à l’écriture et partage sa vie entre l’Angleterre et la France. Gentilles filles, braves garçons – traduit de l’anglais par Jérémy Oriol – est son sixième roman.

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