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Les sanglots longs du violon d'Auschwitz

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 24/08/2013

ViolonPublié en France à titre posthume par les éditions Stock, le roman dont nous allons parler aujourd'hui a été encensé à la fois par la critique et par les lecteurs lors de sa parution en catalan en 1994, langue dans laquelle il a été vendu à plus de 100 000 exemplaires. Et comme on peut s'en douter, le succès a été au rendez-vous dans tous les pays où un éditeur national a eu la bonne idée de racheter les droits. Dans ce domaine, on ne parlera pas d'exception française, à tel point que nous nous contenterons pour une fois de faire simplement écho au nombreux articles (1), émissions de radio (2) ou de télévision et autres blogs de lecteurs qui ont réservé un accueil plutôt chaleureux au court livre intitulé Le violon d'Auschwitz. Si le nom de son auteur, Maria Àngels Anglada (1930 - 1999), ne vous semble guère évocateur, c'est qu'il s'agit du premier livre à avoir fait l'objet d'une traduction en français. Cela n'enlève rien au fait que son oeuvre, qui est d'ailleurs relativement diversifiée, est assez connue en Espagne. Outre les traductions qu'elle a effectuées et la collaboration qu'elle a apportée à différents journaux, Maria Àngels Anglada est l'auteur de poèmes, romans, nouvelles, essais de critique littéraire. Du côté des romans, Les Closes lui a valu de recevoir le prix Josep Pla en 1978 et Sandàlies d'escuma, le prix Lletra d'Or en 1985, deux récompenses qui couronnent des écrivains catalans depuis plusieurs décennies (3). En un mot, elle fait partie des grands noms de la culture catalane.

Bon, très bien, me direz-vous, mais ça ne nous indique pas de quoi il retourne...

Musicien de son état, le narrateur fait la connaissance d'une violoniste qui semble entretenir un lien particulier avec son instrument. En dépit de ses réticences initiales, celle-ci finira par lui dévoiler les secrets qui se cachent derrière la fabrication de ce violon, qu'elle tient de son oncle Daniel. Nous voilà alors plongé dans un récit enchâssé façon Stefan Zweig, pour nous retrouver quelques cinquante ans auparavant, dans le Camp des Trois Rivières. Aucune méprise possible, ce lieu n'a guère de bucolique que son nom : il s'agit bel et bien du camp de concentration dans lequel Daniel a été déporté. Si notre homme se fait dans un premier temps passer pour un ébéniste afin de se rendre utile et de voir sa condition améliorée, sa vocation première de facteur de violons va finalement le rattraper, et peut-être même lui épargner d'intenses souffrances. Croisant documents historiques et fiction narrative, l'auteur nous emmène dans un monde où l'art sert de dernier rempart contre la barbarie.


(2) Sur France Culture, par exemple.
(3) Notons que Le Prix Lletra d'Or a été décerné entre autres à Pere Calders, Jaume Cabré, Quim Monzo ou encore Sergi Pamies.
F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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