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Les souvenirs d'Ellis Island

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Une actualité de Laury
Publié le 15/03/2016
téléchargement (1)"Je suis aujourd'hui le capitaine d'un vaisseau fantôme, livré à ses propres ombres."
Paru début janvier en format poche chez J’ai Lu, Le dernier gardien d’Ellis Island est une réussite. Quatrième roman de Gaëlle Josse - succédant ainsi à Les heures silencieuses (2011), Nos vies désaccordées (2012) et Noces de neige (2013) – l’écriture de ce texte bref mais intense s’est imposée à son auteur après une visite de la désormais fameuse île new yorkaise. L’action se situe en novembre 1954 à Ellis Island donc, petite île située à l’embouchure d’Hudson à New York près de la statue de la Liberté. Jusqu’ici, le lieu servait de porte d’entrée principale pour de nombreux immigrants souhaitant conquérir l’Amérique. De 1892 à 1954, les services d’immigration y ont accueilli, voir rejeté des centaines de milliers d’immigrés rêvant à de meilleurs lendemains. En ce mois de novembre, le centre d’immigration s’apprête à fermer ses portes et son directeur, John Mitchell, revient avec nous sur les souvenirs les plus marquants de sa vie sur cette île. Gaëlle Josse imagine ici le journal de bord de ce directeur sur le point de conclure un chapitre important de son existence et dresse le portrait d’un homme presque dévoré par les souvenirs de son métier parfois cruel. A la veille de sa fermeture, le centre d’immigration est désormais désaffecté et John Mitchell en est son dernier garant. Gaëlle Josse, avec son écriture poétique, s’attaque ici à un sujet difficile, peu souvent traité mais tellement actuel (en témoigne les récents flux migratoires en Europe). Elle parvient avec justesse à décrire l’univers du centre d’immigration d’Ellis Island, sa paperasse administratif, ses contrôles et précautions sanitaires, ses occupants immigrés et ses employés. Le roman touche, atteint le lecteur de par les multiples portraits d’immigrés qui y sont dessinés. Des histoires et des destins émouvants, tragiques. On ressent ce besoin chez le narrateur de se libérer des nombreux épisodes parfois douloureux de son métier, comme si il était en quête d’une rédemption. La passion amoureuse dévorante qu’il a éprouvé pour une jeune immigrée sarde marque un des moments forts de ce texte prenant, court et sans enjolivures. C’est le récit d’un homme face à ses démons, d’un enfermement sur une île. C’est une belle histoire d’exil et d’exilés, de transgression et de « tourner la page ». En prolongement de lecture, un blog a été créé, regroupant photos, images ou musiques qui ont accompagné Gaëlle Josse pendant la gestation de son livre. Il est à noter que Gaëlle Josse vient de publier son dernier roman L’ombre de nos nuits, toujours aux éditions Noir sur Blanc dans la collection « Notabilia ». Cette fois-ci, l’auteur puise son inspiration du tableau Saint Sébastien soigné par Irène de Georges de La Tour. Voilà un texte qu’on a bien hâte de découvrir…

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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