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Les Villes de la plaine

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Une actualité de Bélinda B
Publié le 03/11/2017
Laissez-vous entraîner par ce roman envoûtant, pour découvrir ou redécouvrir Diane Meur !
A Sir, ville antique imaginée par Diane Meur, la vie des citoyens est régie par les lois d'Anouher, texte sacré qui impose une discipline stricte à chacun. Ordjéneb, jeune homme cherchant à payer une dette, décide de quitter ses montagnes pour trouver du travail en ville. Il finit par être engagé comme garde du corps du scribe Asral.
 
Ce dernier a été choisi cette année pour recopier les lois d'Anouher, mission très sérieuse qui permet aux lois de ne pas être détériorées par le temps, et qui est l'occasion de rappeler à tous l'importance de ce texte. Ordjéneb, naïf, curieux et plein d'interrogations face à la vie des citadins, ne cesse de questionner le scribe, qui commence à remettre en question son travail et à se dire que le parler montagnard de son garde du corps est peut-être plus proche du texte original que la langue de la ville, qui, elle, a évolué.
 
Asral se met donc à rédiger une seconde copie des lois, au plus près de ce qu'Anouher avait voulu dire, ce qui ne doit absolument pas se savoir et met le scribe et son garde dans une position dangereuse. Les histoires d'amour, de trahison, de pouvoir et d'humiliations se mêlent au grondement de la révolte qui s'élève petit à petit dans la ville, en pleine ébullition.
 
Dans ce roman intelligent et passionnant, Diane Meur nous embarque dans une cité méconnue, qui trouve pourtant un échos fort en nous, soulevant des problématiques que nous connaissons bien. La place et la puissance des pouvoirs politique et religieux sont ici source de questionnement, de remise en cause ; on découvre une société contenue, enfermée, divisée par les pouvoirs publics, ce qui est permis par d'anciens textes sacrés finalement mal connus.
 
L'écriture de Diane Meur, précise, maîtrisée, sert une histoire envoûtante, où la langue est centrale ; en effet, la question des mots et de leur sens, de leur utilisation, est un véritable enjeu dans Les Villes de la plaine, et nous rappelle l'importance de savoir se servir des mots, des bons mots. Le langage à un fort pouvoir, et finit par créer la réalité, il la façonne, la modèle, s'éloignant parfois de sa signification première.
 
Un très beau roman, puissant et intelligent, qu'on aimerait ne jamais voir finir !

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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