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Ma mère ce héros

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Une actualité de Emilie Dupuch
Publié le 16/03/2016

belezi.jpgDeux poches signés Mathieu Bélézi sont parus tout récemment dans la collection Motifs - collection remarquée pour la qualité graphique de ses couvertures - : Je Vole et Une Sorte de Dieu.

Une sorte de Dieu nous a frappé par la qualité de son écriture et la force des personnages campés.

La quatrième de couverture annonce la couleur du roman : "Je ne devrais pas l'être, et pourtant je suis un assassin" nous confie le narrateur. La description de la petite ville de campagne en plein été par laquelle s'ouvre le récit rend compte d'une atmosphère funeste qui ne présage rien de bon:  face à la chaleur accablante, "lourde, au goût amer de métal",  "l'horizon est en sang", et "les maisons (sont) tapies les unes contre les autres".

On s'attend alors à tout moment à ce que surgissent quelques événements tragiques... et pourtant il n'en est rien (pour l'instant).

On va suivre Romain, un instituteur  sans histoire - selon ses dires -, qui rentre pour les vacances scolaires dans la maison où il a grandi et où sa mère est morte il y a peu. Au fil des pages,  ressurgissent quelques bribes de souvenirs, marqués par une femme à la présence et à l'aura exceptionnels, Hélène, sa mère.

A ce récit introspectif se croise celui de la mère, qui nous confie alors les conditions de la venue au monde de Romain et ses débuts au village.

Vous l'aurez remarqué, il n'est pas question du père ici. Une Sorte de Dieu nous offre une illustration terrible de ce que peuvent être les rapports mère-fils, entre passion et amour exclusif.

Parallèlement on sent bien le désir de Romain de sortir de cette situation dans laquelle il semble englué, de s'évader, de devenir homme et non plus  fils.

A la lecture de ce texte, on pense à Mauriac, aux Dimanches de Jean Dézert de Mirmont également et à Bataille aussi - notons que l'auteur de Ma Mère est justement cité en avant propos -, tant pour l'évocation des rapports familiaux que pour la force de l'écriture de Bélézi.

Pour ceux que la fête des mères agace, nous ne saurions que trop vous conseiller de vous lancer dans la lecture de ce roman!

Bibliographie