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Marie NDiaye/Patrick Modiano

Une actualité de Véronique M.
Publié le 15/03/2016

marie-ndiaye.jpg  C'est grâce à un multi-partenariat que paraît en ce mois fécond de la rentrée littéraire deux supports critiques d'un genre assez inédit. Après le succès de Céline vivant aux éditions Montparnasse (en 2007), voici que les éditions Textuel avec le soutien de l'INA republient (après une première tentative en 2005) deux livres-CD consacrés à des auteurs contemporains: Marie NDiaye et Patrick Modiano. Si le texte critique (ainsi qu'un solide  appareillage de photos, manuscrits, des repères chronologiques, le choix d'une anthologie de l'auteur et d'une bio-bibliographie précise) est confié à chaque fois à un spécialiste de la littérature (Nadia Butaud pour P. Modiano, Dominique Rabaté pour Marie NDiaye), la séduction opère également par le choix d' extraits d'émissions de radios qui rendent charnelle la présence de l'écrivain derrière la passion de l'analyse ou la singularité de leurs textes mêmes.

Ainsi, l'essai de Nadia Butaud rend compte d'une relecture d'un texte autobiographique des vingt-et-une premières années de la vie de Modiano (Un pedigree, 2006 en Folio) alors que le CD fait justement entendre l'auteur dans les prémices de son succès (en 1972 lors de l'émission "Radiocopie" présentée par Jacques Chancel). Pour Marie NDiaye, l'accent est également mis sur certains écrits d'inspiration autobiographique dans ses entretiens sur France Inter (en 2001 quand elle a reçu le prix Femina pour Rosie Carpe et 2005 pour Autoportrait en vert) tandis que Dominique Rabaté s'attache à défendre son projet avant tout romanesque tout en rendant juste une lecture intime de sa "mythologie personnelle" derrière le subtil tissage de "métaphores obsédantes" (terme du critique Charles Mauron) riches d'interprétations: la famille/filiation/transmission , et ses ressorts les plus souterrains, à savoir la maternité (souvent monstrueuse, du moins non assumée), la trahison, l'abandon, la dette, la reconnaissance, la perte de l'identité...

Car comme D. Rabaté l'a confié lui-même sur France Culture, il n'est pas d'expression (freudienne à l'origine et reprise le plus récemment par des écrivains comme Nancy Huston dans L'espèce fabulatrice, Actes Sud, 2008: cf. notre blog du 6 mai 2008) plus pertinente pour évoquer l'oeuvre de Marie NDiaye ou celle de Patrick Modiano que celle de "roman familial" telle que Marthe Robert dans son Roman des origines et origines du roman (Gallimard, 1976- collection "Tel") avait vu là la grande et seule affaire du travail littéraire.

 

 Pour un approfondissement du livre-CD sur Marie NDiaye, voir le prochain "coup de coeur" qui y sera consacré sur notre site.

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