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"Monter au ciel par une corde de pendu" (Jules Renard)

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Une actualité de Marilyn
Publié le 21/02/2015
Batailles-Hastings-222x330Ouvrir une simple porte peut changer le cours d’une vie. Lorsqu’elle entre dans sa chambre de l’Abbey School, Eleanor pourrait s’attendre à tout sauf trouver sa colocataire pendue au-dessus du radiateur. De nombreuses questions et de l’incompréhension la submergent avant que n’éclate la colère. Pourquoi lui avoir fait ça ? Pourquoi dans cette chambre qu’elles partageaient ? Ce n’est que plus tard que la jeune fille essaiera de comprendre le sens de son geste sans jamais vraiment y parvenir. Oui, Cynthia avait du mal à s’intégrer, n’avait pas de petit-ami et ne faisait pas partie de la chorale. Pourtant, elle semblait tellement bien à la soirée donnée en l’honneur de la victoire de leur équipe de rugby, victoire dont elle était la principale responsable. En revanche, le but de ce roman n’est pas d’explorer les méandres de l’esprit d’un adolescent en difficulté, mais de celui qui sera victime de son acte au point de faire grandir précipitamment le personnage. Eleanor aura des décisions difficiles à prendre : aller voir ou non le psychologue de l’école, rencontrer la mère de la défunte, se rendre au cimetière… La maturité et le calme dont elle fait preuve nous étonnent : elle aura les épaules de supporter tout ça et s’il lui arrive de flancher, elle n’aura qu’à trouver du réconfort auprès de son copain. Bien évidement, ce ne sont là que de sages pensées qu’une jeune adolescente n’est pas en mesure de suivre à la lettre. Il lui faudra appeler au secours, demander de l’aide pour qu’elle puisse respirer et ne plus avoir l’impression qu’un poids atrocement lourd pèse sur ses seules épaules. Ce besoin de légèreté, elle le trouve auprès de ses amies de la chorale qui lui offriront un concert en l’honneur de la disparue, mais aussi de la vie. Avec Les batailles d’Hastings (éditions Finitude), Eric Haviland nous offre une œuvre juste et pleine d’une honnêteté que nous serions peu à avouer. Un premier roman d’initiation fort en émotion.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?