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Nestor rend les armes

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 19/03/2016

Dans les turbulences d'une rentrée que l'on pourrait baptiser cette année "Big is beautiful" étant donné la taille moyenne des nouveautés, il serait dommage de passer à côté d'une petite merveille d'une centaine de pages signée par Clara Dupont-Monod. Avec son titre à la Léo Malet, Nestor rend les armes (éditions Sabine Wespieser) met en scène en homme qui a choisi de se calfeutrer dans une carapace de chair qu'il s'est méthodiquement forgée au fil de repas excessivement copieux. Pourtant, chaque matin, cet homme qui ne redoute rien autant que les agressions du monde extérieur se fait violence et sort dans la rue pour aller rendre visite à sa femme. Allongée sous un drap blanc dans un lit d'hôpital, inconsciente, Melina est entre la vie et la mort. Délicat sujet que celui de l'obésité, mêlé à l'exil et au décès imminent de sa compagne de toujours ! C'est ainsi que Clara Dupont-Monod réalise un portrait remarquable dans lequel elle met délicatement à nu la personnalité d'un homme emmuré dans sa solitude, réfractaire à toute forme d'émotion ou de sentiment. Sa femme n'est pas encore morte que Nestor commence déjà à mettre de l'ordre dans ses affaires, pressé d'en finir et indifférent au deuil à venir. Contre toute attente, c'est la découverte des carnets intimes de Melina et de sa correspondance avec sa meilleure amie, restée en Argentine, qui ébranlera sa petite vie en apparence si parfaitement maîtrisée. Peu enclin à faire le bilan de sa propre existence, notre triste héros n'aura finalement de cesse de prolonger la vie de Melina. Servi par une écriture soignée empreinte de poésie, ce petit roman impressionniste permet à son auteur de poursuivre le fil d'une œuvre aussi forte que singulière, déjà très remarquée avec La passion selon Juette.

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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