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ô O.Henry

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Une actualité de David V.
Publié le 17/08/2013

O’HenryNotre dilection pour les humoristes anglo-saxons (pour les français aussi d'ailleurs mais où sont-ils passés ?) n'est pas que de saison en des temps où le mot "morose" est particulièrement employé et où un bon petit remontant littéraire ne peut faire que du bien. Non, il y a longtemps que nous traquons à droite et à gauche les éditions ou rééditions de ces auteurs révélés par le New Yorker ou les magazines américains, d'une drôlerie sans pareille, doués pour le bref. Nous avons parlé ici de Robert Benchley, James Thurber ou Stephen Leacock, humoristes débridés et jamais vulgaires, qui reviennent sur le devant de la scène. Grâce à Bernard Pascuito qui a fondé (et refondé...) il y a peu sa propre maison après avoir fait les beaux jours d'autres, on redécouvre enfin celui qui devrait être le plus connu et qui reste pourtant en lisière malgré le prestige du prix littéraire récompensant les nouvelles qui porte son nom outre-atlantique : O.Henry (qu'on a toujours un peu de mal à ranger dans l'ordre alphabétique...), pseudonyme de William Sydney Porter, né en 1862 en Caroline du Nord qui fit des tas de petits boulots avant de se découvrir une vocation d'écrivain. On prétend que c'est en prison où il fut enfermé trois ans pour détournement d'argent qu'il acquit et son surnom et la maîtrise de son art. Devenu New Yorkais il y mènera une vie assez dissolue et imbibée, s'inspirant de l'agitation de la Grosse Pomme pour nourrir son oeuvre, ce qui lui vaudra, on s'en doute, une fin pour le moins précoce puisqu'il mourra à 47 ans.

Le grand chef de VerneuilSort ce mois-ci un troisième recueil traduit par Michèle Valencia La loi de Georgia qui comporte une dizaine de petits bijoux d'impertinence aux couleurs certes un peu passées mais dont l'efficacité ne s'atténue pas. Pour les nostalgiques de Fernandel, qu'ils se souviennent du Grand Chef de Henri Verneuil, pas un (grand) chef-d'oeuvre certes mais l'occasion de rire d'une adaptation de l'une des plus célèbres nouvelles d'O'Henry : deux petits malfrats kidnappent un gamin de riches qui va tellement les torturer par sa vivacité, ses idées affolantes et sa violence perfide de sale gosse qu'ils en arrivent à verser au père une rançon afin que celui-ci accepte de récupérer la chair de sa chair. C'est un exemple du ton de cet auteur qui aime pousser une situation jusqu'au loufoque, transformer un bandit en victime et une victime en bourreau, qui apprécie par dessus tout les débrouillards surtout lorsqu'ils échouent lamentablement, les vaniteux quand ils se prennent des claques, les besogneux quand ils se font ridicules. Doué pour les chutes, O.Henry adore les gamelles, on comprend pourquoi dès lors malgré son air ancien, son comique reste d'une réelle vivacité : il offre à son lecteur le luxe de petites revanches, et ce plaisir-là, il ne faut pas s'en priver, n'est-ce pas ?…

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