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Panique à Needle Park - James Mills

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Une actualité de Marie-Aurélie
Publié le 20/02/2018
En 1965 le New York des laissés pour compte est secoué par une pénurie de drogues. Journaliste, James Mills participe à un reportage photo dans Life Magazine sur la vie d'un groupe de junkies qui donnera naissance au roman Panique à Needle Park un an plus tard.
Needle Park n'a de parc que le nom. C'est le surnom donné par les junkies à Sherman Square (needle signifiant aiguille), carrefour bétonné du West Side de New York. Le narrateur anonyme, probable double de James Mills (journaliste comme lui), rencontre Bobby et lui demande de le suivre quelques temps afin d'écrire un reportage sur la drogue à New York. Bobby accepte sans problème. Le journaliste plonge donc dans le quotidien des junkies pendant plusieurs mois, notamment pendant une période de "panique" où l'héroïne est de plus en plus difficile à se procurer.

En 1967 Bobby est un des habitués de Needle Park, héroïnomane de longue date, il passe ses journées à chercher de quoi payer ses doses qui lui coûte une quarantaine de dollars par jour. Par le biais de son frère il rencontre Helen, une jeune femme un peu paumée mais clean. Ils tombent tous les deux amoureux et Helen suit Bobby dans ses recherches quotidiennes de dope. Mais peu à peu Helen sombre elle aussi dans l'héroïne cachant d'abord son addiction à Bobby. A partir de cet instant aucun des deux n'est plus le garde fou de l'autre et leur relation n'est plus qu'un cercle vicieux destructeur. La transformation de la personnalité d'Helen est stupéfiante entre manipulations et désespoir tandis que Bobby se rêve en gros revendeur.

Le roman de James Mills est un incroyable récit dont Helen et Bobby sont les personnages non romanesques criant d'authenticité dans leur détresse, leur affection, leur horreur, leurs limites et leur dépendance. Rarement un récit fut moins complaisant sans pourtant se départir d'humanité.

En 1971, Panique à Needle Park est adapté au cinéma par Jerry Schatzberg et le scénario écrit par Joan Didion et John Gregory Dunne. Le rôle de Bobby est tenu par un certain Al Pacino dont c'est la première apparition au cinéma. (Si ces derniers arguments ne vous convainquent pas de voir le film...) Reste en mémoire une des plus belles scènes du film, lorque Bobby prend le visage d'Helen dans ses mains, se rend compte qu'elle est tombée dans la drogue sans qu'il s'en rende compte et lui dit simplement doucement "Depuis combien de temps ?".

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