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Patrice Chéreau - la genèse d'un penseur de théâtre

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Journal de travail : années de jeunesse - Volume 1
Une actualité de Jérémy Gadras
Publié le 11/04/2018
De L'Intervention, sa première mise en scène en 1964, à l'un de ses derniers spectacles produits à Sartrouville, en 1968, Le Prix de la révolte au marché noir.
Artiste prolixe, d'une titulature complexe, à la fois auteur, dramaturge, metteur en scène, théoricien, réalisateur et scénariste, Patrice Chéreau marqua considérablement le théâtre de son temps. Encore aujourd'hui, cinq ans après sa disparition, il n'en finit pas de fasciner, influencer et initier aux formes spectaculaires autant de spécialistes, de comédiens que de spectateurs. Avec ce Journal de jeunesse, les éditions Actes Sud nous dévoilent les linéaments d'une pensée neuve, encore en devenir, mais déjà érudite, complexe, soucieuse des arts voisins et des faits politiques, sociologiques littéraires et esthétiques de son temps. Un recueil de textes, d'anecdotes, de critiques et d'opinions, de pensées volubiles ou concises, de notes et considérations diverses sur le théâtre et ses acteurs. Patrice Chéreau a à peine 19 ans lorsqu'il commence à dater ses notes de travail qu'il accompagne de croquis. On y découvre un jeune metteur en scène déjà épris des réflexions qui animeront son œuvre futur : le temps et ses potentiels visuels, leurs possibles figurations, l'esthétique du quotidien entre poésie et violence, l'intime conviction que le temps et l'Homme peuvent être esquissés et dépeints sur un plateau. 
Comme l’adage le voudrait, on peut « faire théâtre de tout texte », et il en va de formes littéraires moins évidentes, comme c’est le cas ici avec le journal, puisque nous pourrions aisément y trouver les ingrédients d’une parole qui s’exclame, se débite à haute voix, se partage dans l’acte et pas seulement dans la pensée. Mille idées qui forment l’avant ou l’après théâtre de Chéreau, le théâtre d'une « figuration du réel », comme l'entend Anne-Françoise Benhamou. Il en est justement question dans ce Journal : figurer des idées, figurer ce désir de construire des récits visuels, de raconter des histoires... Un journal de bord, donc, qui livre l'essence même de cette pensée singulière, mais également un manuel pédagogique riche de réflexions.
Un vrai voyage littéraire et historique, nourrit de pensées sur le théâtre des années 60 et sur des géants du théâtre, de la peinture et de la critique qu’il convoque à l’occasion, dont Bertolt Brecht, Lope de Vega, Roland Barthes, Jérôme Bosch ou encore Louis Alhusser.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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