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Plein de nouvelles, bonnes nouvelles !

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 30/08/2013

Laurent DierickIl n'est pas donné à tout le monde de maîtriser l'art de la concision. Et ce n'est d'ailleurs pas indispensable... Sauf quand on écrit des nouvelles. En publiant cette année son quatrième recueil, Eric Faye, qui a par ailleurs publié de nombreux romans, confirme son talent dans ce domaine. Du côté de ses romans, nous avions d'ailleurs sélectionné son avant-dernier, L'homme sans empreintes, pour le prix littéraire que nous décernons désormais chaque année avec la participation du café Lavinal, à Bages. Ce livre nous avait particulièrement séduit à la fois pour son propos - il est centré sur la question du statut de l'auteur dans un monde aussi énigmatique qu'inquiétant - et pour l'atmosphère si mystérieuse qu'il avait réussi à créer.

Quelques nouvelles de l'homme, quant à lui, réunit une dizaine de textes plus ou moins courts qui mettent en scène des hommes - on avait compris qu'il ne s'agissait pas d'ours polaires - que l'on sent en proie à une solitude et à une insatisfaction très nettes. Bien que l'on perçoive encore une dimension fantastique dans ces nouvelles, celle-ci s'estompe peu à peu par rapport aux premiers écrits de l'auteur, pour laisser une place croissante à ce que la vie des hommes peut avoir d'absurde ou d'incongru dans "cet aquarium saugrenu qu'on appelle le monde", ces hommes qui évoluent comme des électrons chaque jour un peu moins libres dans nos sociétés post-modernes. Eric Faye se rapproche ainsi de nouvellistes dans la veine du catalan Sergi Pamies - du moins en ce qui concernent ses recueils les plus récents, comme Le dernier livre de Sergi Pamies ou Si tu manges un citron sans faire la grimace (cf. notre blog du 1er août 2008). Tous deux mettent effectivement leur grande imagination, leur art de la concision et leur goût pour une langue sans fioritures au service de nouvelles placées sous l'égide d'un pessimisme assez manifeste. Ainsi peut-on lire dans le dernier livre d'Eric Faye l'histoire d'un homme en plein dilemme existentiel après qu'il a gagné un aller simple pour le paradis terrestre, billet qu'il ne peut utiliser qu'en étant seul, celle d'un horloger bien embêté le jour où il se rend compte qu'aucune de ses montres ou horloges ne fonctionne plus, ou encore celle d'un homme qui a perdu non pas l'usage de la parole, mais celui d'un seul mot, un mot absolument fondamental, un mot, pourtant, que ni sa compagne ni ses lectures de différents quotidiens lui permettent de recouvrer...

Paru aux éditions Corti en plein milieu de la  rentrée littéraire, le dernier livre d'Eric Faye courait le risque de passer inaperçu. C'eût été vraiment dommage, d'autant plus que les illustrations de Laurent Dierick sont parfaitement adaptées à ces histoires d'ours - euh... d'hommes  !

F.A.

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