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Pour une balade avec Billy

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Une actualité de Anne Chauvel
Publié le 24/11/2014

Les éditions 13e  note  démarrent sur les chapeaux de roue. Des textes forts, crus, une poésie sous acide, des auteurs cramés par la vie ; la volonté de frapper du poing sur la table est claire. Dan Fante, Burroughs Junior, Tony O'Neill et d'autres, issus de la Beat Generation, ce mouvement littéraire initié par Kerouac, Ginsberg et Burroughs, ont trouvé chez 13e note un interlocuteur  de choix. L'esthétique, qui plus est, est très tentante : des couleurs naturelles qui flattent l'oeil et une simplicité de mise en page qui donne envie d'ouvrir le bouquin.

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Il paraît qu'être le fils de, c'est super, surtout quand on veut faire le même métier que papa. Oui, mais s'appeler William Burroughs Junior, ce n'est pas très tentant si l'on connaît un peu la biographie de l'auteur du magistral Festin nu. Et après avoir lu La dernière balade de Billy, l'un des deux ouvrages et demi du fils, largement autobiographique, je ne suis pas près de changer d'avis.

Ceci dit, le fils s'est largement inspiré du père dans le choix de ses passions : la drogue, l'alcool qui l'a tué à trente-trois ans, l'empêchant de finir la rédaction de Prakriti Junction. "Qui veut encore se camer ? Réponse : moi. La lucidité, c'est sympa, mais ça ne remplace pas l'action. Et dis-moi, vieux, si tu te lèves demain et que tu mènes une vie modèle, tu crois que ça te plaira ? Bien sûr que non, et voilà pourquoi tu ne le fais pas, espèce d'enfoiré d'égoïste, alors bienvenue au club".

Dans La dernière balade, il nous raconte sa vie mais sans ordre chronologique, sans logique, même. On peut presque l'entendre tellement son style est oral. Mais il ne faut pas s'y tromper, si un jour vous entendez quelqu'un parler comme ça, enregistrez-le, vous pourriez devenir riche ! De la mort de sa mère, tuée par son père tandis qu'il se prenait pour un Guillaume Tell défoncé, à son séjour pittoresque en Alaska après une cure de désintox, en passant par l'asile psychiatrique, Billy parle de lui, mais surtout, Billy parle de son père. Car le grand absent de sa vie est aussi celui qui se dessine en arrière-plan tout au long de ce livre, à tel point que l'envie de (re)lire Burroughs senior nous vient assez naturellement.

Bon, ça a l'air un peu plombant, mais en fait pas du tout. A aucun moment Burroughs Junior ne tombe dans l'auto-apitoiement. La dérision dont il fait preuve nous amène même à sourire franchement et si les propos sont brutaux et poignants, le ton, lui, reste léger. Bref, à lire absolument !

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