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Problèmes domestiques

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 15/03/2016

A l’abri du siroccoOuf ! On a bien failli le laisser passer celui-là ! Dans notre rôle d'explorateur parachuté dans une forêt qui s'étend sans cesse, c'est avec un serrement de coeur que l'on s'avoue, à demi-mot, qu'on ne peut visiter toutes les merveilles que recèle la littérature et qu'on passe toujours à côté de grands et beaux romans. En 1999 paraissait chez Liana Levi A l'abri du sirocco, le premier roman d'un italien méconnu dans nos contrées, Domenico Campana. A croire que le sirocco n'était à ce moment-là qu'une faible bise, car il est passé inaperçu et n'a pas particulièrement attiré notre attention. La sortie en format poche, dans la collection Piccolo, nous permet de rattraper cette "erreur", si tant est qu'on peut appeler erreur le fait de ne pas pouvoir tout lire. Par ailleurs, nous ne résistons pas à l'envie de vous faire partager cette petite anecdote : nous étions deux libraires à le lire en même temps, alors que nous ne nous étions pas concertés ! Et nos deux avis convergent : une merveille !

Rosalia et son mari mènent une vie modeste et sans prétention dans les bas-quartiers de Palerme. Un jour, ils reçoivent la lettre d'un notaire qui leur apprend qu'ils viennent d'hériter du palais du prince d'Acquafurata. Pourtant ils ne le connaissent pas personnellement et rien ne les lie au monde de l'aristocratie sicilienne. Est-ce une plaisanterie ? Une seule condition est requise : y habiter. Mais dès leur emménagement dans la demeure princière à "la beauté sépulcrale", des rapports difficiles, faits de répulsion et d'attirance, se nouent avec le vieux serviteur qui semble les narguer. Un malaise, que le souffle du sirocco ne fait qu'accroître, presque palpable. Une ambiance ambiguë et étouffante que la jeune Rosalia ne parvient pas à dissiper, jusqu'au coup de théâtre final qui la surprendra autant que le lecteur.

L'auteur de ce petit bijou vit à Rome, où il exerce en tant que journaliste et écrivain. Depuis 1968, il travaille à la RAI et collabore à différents journaux. Il a écrit le scénario de plusieurs films.

 

La littérature nous offre quelques autres beaux exemples de situation où le rapport maître-serviteur se trouve mis à mal. On songe au plus classique d'entre eux, Toujours prêt Jeeves, Wodehouse

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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