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Quand la mère monte

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Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013

Vue sur la mèreJulien Almendros a de la chance mais peut-être l'ignore-t-il encore. En cette rentrée littéraire, il est la découverte du Dilettante qui ne se prive pas en troisième de couverture de ses livres de rappeler les noms de tous ceux qu'il a fait connaître et qui, pour certains, accomplissent une belle carrière, parfois ailleurs, sous des couvertures moins colorées. Nième roman sur la maman, celle qui vous aime et vous étouffe, celle qui vous pompe tellement d'air que la première occasion pour aller respirer un autre oxygène est la bonne, Vue sur la mère s'attaque à un sujet difficile parce que rabattu. Rien que cette année, Jean-Yves Cendrey qui avait déjà dézingué la figure paternelle, a fait très forte impression lorsqu'il s'en est pris à la "manman" dans un livre d'une cruauté brillante avec une parti pris narratif original puisque c'est le compagnon de celle-ci qui se chargeait de nous raconter les tristes reliefs d'une vie naine (La maison ne fait plus crédit, à L'Olivier). Julien Almendros s'expose quant à lui beaucoup moins - littérairement parlant -malgré le risque terrible qu'il prend en évoquant une mère qui risque virer au vert en découvrant l'oeuvre du fils en septembre. Livre en fragments où tout n'est pas dit mais qu'inaugure la scène fondatrice du cordon ombilical étranglant le nouveau-né, Vue sur la mère nous délivre par à-coups des visions de la génitrice pas avare mais presque, de la compagne étouffante d'un mari qui ne se plaint pas, de la Folcoche qui guette les faux pas des deux gosses et jouit du maigre bonheur d'avoir pris en défaut sa progéniture, de la pleurnicheuse qu'on n'a plus envie de consoler, de la prédatrice qui tombe sur les petites copines comme un oiseau de proie défendant son nid. On surveille le moment où cette femme qu'on ne parvient pas à détester réussira malgré tout à nous émouvoir. Peine perdue. L'accumulation des griefs lui fait un collier qui ressemblerait vite à une corde. On ignore encore si ce ressentiment qui s'est transformé en littérature fait de Julien Almendros un écrivain, la suite devrait le prouver, lorsque la maman engloutie sous sa tonne de mots laissera la place à de nouvelles figures. On le lui souhaite car les qualités de précision de ce débutant augurent de belles richesses.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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