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Rade terminus

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 19/03/2016

Comme chaque été, un discret vent de rébellion souffle dans les coulisses du rayon littérature, à peine une brise légère, qui suffit néanmoins à pousser quelques uns de vos libraires du côté des livres de poches, animés par un désir insensé d'étirer le temps. Pareille à ces écoliers qui préfèrent enfiler leur maillot de bain et leurs sandales plutôt que d'accompagner leurs parents dans les rayons des supermarchés à la recherche des (nombreux) articles de papeterie et de bureautique qu'il leur faudra pourtant à la rentrée, ils osent délaisser leurs piles déjà vertigineuses de nouveautés à paraître dès le mois d'août.

C'est ainsi que j'aimerais vous entretenir aujourd'hui d'un roman de Nicolas Fargues sorti - attention - en 2004 ! Quatrième livre d'un auteur qui a su se créer un cercle toujours plus étendu de fidèles lecteurs au fil de ses romans, dont les deux derniers - Le roman de l'été et Tu verras - ne font d'ailleurs pas figures d'exception, Rade Terminus vaut vraiment la peine que l'on s'y plonge. Se posant en véritable entomologiste, l'auteur de J'étais derrière toi insuffle la vie à une dizaine de personnages tous très différents les uns des autres, qui vont pourtant avoir en commun d'atterrir à Diego-Suarez plus ou moins au même moment. Certains ont élu cette grande ville du Nord de Madagascar aussi connue sous le nom de Antsiranana comme lieu de villégiature, d'autres au contraire sont venus pour affaires, et d'autres encore espèrent y finir leurs vieux jours ; certains découvrent l'île, d'autres la connaissent plutôt bien, d'autres, enfin, en sont même originaires. Et, en fond d'écran de ce laboratoire dans lequel il dissèque en profondeur un bel échantillon d'humanité, nous régalant au passage avec les descriptions des crises d'hystérie de son stagiaire hypocondriaque, se dessine évidemment une analyse percutante du cercle d'expatriés qui, conjuguée à une critique au vitriol de l'ethnocentrisme français, finit par en faire un roman beaucoup moins léger qu'il n'y paraît. D'autant que l'écrivain sait vraiment de quoi il parle, puisqu'il a lui-même été directeur de l'Alliance française de Diego-Suarez. Vous l'aurez compris, Rade terminus s'impose non seulement comme un roman idéal pour l'été mais surtout comme un livre à faire découvrir impérativement à tous ceux qui connaissent Madagascar ou qui rêvent d'y aller...

F.A.

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