Chargement...
Chargement...

Rendre à Leona ce qui est à Nadja

1476_rendre-a-leona-ce-qui-est-a-nadja
Une actualité de Olivier
Publié le 16/03/2016

couvertureleona.jpgAndré Breton réclamait des  "livres qu’on laisse battants comme des portes, et desquels on n’a pas à chercher la clé". Et bien, c’est ce que Hester Albach va tenter de faire : entrouvrir des portes qui nous mèneront vers la femme dont le récit le plus illustre de Breton porte le nom, Nadja, ou plutôt Leona, Héroïne du Surréalisme.

 

Petite piqûre de rappel : Nadja, c’est l’histoire de cette rencontre intellectuelle et alchimique entre ce cher Breton et une jeune inconnue. Prenez comme toile de fond le Paris des années folles, jouez avec les moindres interprétations des images et des mots qui vous entourent, tissez des liens en utilisant le principe des faits glissades ou faits précipices, et vous obtiendrez un des plus beaux chef-d'œuvre du Surréalisme.

 

Et c'est ainsi que Hester Albach rentre en scène, elle va faire d'une rencontre résumée en 9 jours chez Breton, une relation qui s'étendait en vérité sur plus de quatre mois. Entre enquête bien ficelée et fiction sans filet, l’auteur avoue toute sa curiosité pour la figure féminine, la muse, que dis-je, "l' âme errante" ! et pourtant la véritable Nadja. Car le mythe a bel et bien existé ou du moins Leona Delcourt, dans une version beaucoup moins surréaliste et édulcorée...

 

On découvre alors une nouvelle identité, celle d'une jeune lilloise qui aurait peut-être croisé Coco Chanel au détour de la rue Cheroy et du Théâtre des Arts, là où s’agitait tout le beau monde pour assister en 1926 à la première d’Orphée de Jean Cocteau. On apprend qu'elle avait bien une fille laissée chez ses parents, et de fil en aiguille l'auteur rencontrera la petite fille de Leona...

 

Quand André Breton disait que "ce qui est invisible, n’en n’est pas moins présent", Hester Albach prend ses mots au pied de la lettre, et c'est ainsi que débute son enquête. Les recherches sont riches, et plus qu'argumentées dans l'oeuvre, mais toujours placées sous le signe de  l’interprétation des images et des mots. La Nadja du roman serait donc une version rêvée, l'auteur tend à lui redonner son identité. Comme si enfin la "femme en verre" de Breton était soudainement libérée.

 

Très belle recherche autour d'un mouvement, d'un auteur et surtout d'une femme "à part" qui habitera tellement son personnage qu'elle sombrera dans la folie...

 

dessinnadja.jpg

 

 

 

"Il a vu en Leona un symbole – l’héroïne du surréalisme. Il avait chéri, cultivé, perfectionné le symbole. Mais lorsqu’elle fit preuve, malgré tout, de petites mesquineries bien humaines, il dut reconnaître que Leona et sa création étaient deux personnes différentes."

Hester Albach

 

                                                                                                                                                                                                                     Article signé Sarah, parmi nous en littérature

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (119)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !