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Rouge comme une pivoine

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Une actualité de Marilyn
Publié le 23/04/2016
enterréSi l'art s'avère parfois incompréhensible et inutile, il reste cependant essentiel. Oui, le sens d'une œuvre peut rester secret et son prix paraître exorbitant, mais l'ambition de l'artiste n'est pas d'expliquer le monde ni de devenir riche. L'artiste - le véritable artiste - vit uniquement pour son art en faisant fi des impressions du public.

Devenir un autre que soi

Priam Farll est conscient de son talent mais fuit toute forme de célébrité, peut-être en serait-il autrement s'il n'était pas à ce point timide. Pour toutes ses démarches, il compte sur Henry, son majordome, un homme efficace mais quelque peu sacripant. Enterré vivant (éditions de l'Arbre vengeur) commence à la mort de ce dernier, une scène bien évidement dénuée de larmes pour cette comédie anglaise truculente. Toute l'intrigue repose sur Priam Farll qui grâce à un quiproquo usurpera l'identité de son domestique en pensant ainsi se libérer de ses obligations. Prendre son nom signifie cependant assumer toutes les filouteries perpétuées par Henry dans son passé et si la plupart lui apporte des désagréments, l'une est synonyme de douceur puisqu'il fera la rencontre d'Alice avec qui il se mariera et s'installera dans un village tranquille.

Peindre pour vivre

Vous adorerez Alice. Ce personnage aussi drôle que déconcertant ne se pose jamais trop de questions ni ne regarde au-delà des apparences. Pour elle, une peinture est une peinture et quand son mari lui présente un véritable chef-d'œuvre, elle n'a aucun scrupule à le céder pour quelques sous. Car Priam peindra de nouveau et c'est là que réside toute la beauté de ce roman ; l'homme ne saurait vivre sans passion. Peu importe les conséquences, qu'on le traite de faussaire ou d'imbécile pour avoir échappé à son confort de vie, il ne peut pas se justifier ni se défendre. Il est qui il est, un artiste timide.
Il ne parlait pas bien et ses actes n'étaient jamais adaptés aux circonstances. Il ne savait s'exprimer qu'avec un pinceau. Peindre des toiles merveilleuses remplissait toute sa vie, et si parfois il paraissait idiot sur des questions quelconques, il était génial dans ses tableaux.
Paru pour la première fois en 1908, Enterré vivant a été adapté au cinéma sous le titre Holy Matrimony par John. M. Stahl. Arnold Bennett est l'auteur d'une œuvre conséquente, mais seulement deux autres titres sont encore disponibles en français : Le grand hôtel Babylone (éditions les Moutons électriques) et L'escalier du Riceyman (éditions de l'Olivier).
D'autres peintres hors du commun : Le peintre d'éventail de Hubert Haddad : http://urlz.fr/3rzp Eroica de Pierre Ducrozet : http://urlz.fr/3rzs Le héron de Guernica d'Antoine Choplin : http://urlz.fr/3rzv  

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