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Schubert est mort

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Une actualité de Marie-Aurélie
Publié le 19/03/2016

Il est petit, bedonnant et n'a aucun succès auprès des femmes. Cet homme c'est Franz. Franz Schubert.

Schubert a 31 ans et il vit ses dernières semaines. Atteint d'une fièvre typhoïde probablement contractée auprès d'une prostituée, le compositeur se sait condamné. D' une chambre sordide au fond de la cuisine de son frère Ferdinand, il ressasse ses frustrations personnelles et artistiques qui constituent l'ensemble de sa vie. Élevé par un père plein d'ambitions musicales pour ses fils, Franz subit le joug paternel des années durant. Puis, confié à Salieri, le jeune homme est contraint de se cantonner aux opéras italiens, lui qui rêve de diversité, de lieds, de danses, de symphonies... Il abandonnera le maître et se consacrera à sa vision de la musique quelques années plus tard.

De son lit de mort, Schubert rassemble des souvenirs épars de ses amis, nombreux, de ses conquêtes, beaucoup moins nombreuses, de son amour de jeunesse inconditionnel et désespéré pour Thérèse, et de son travail, évidemment : un millier d'œuvres composées, dont seulement une centaine seront publiées de son vivant.  Pourtant, de cette immensité accomplie Schubert ne retire aucune vanité ni aucun mérite. Ayant vécu et composé à Vienne toute sa vie, il ressentira à jamais le poids de ses aînés, Mozart et Beethoven, planer au-dessus de son œuvre et de  sa personne. Fou d'admiration pour Beethoven, Franz fait partie du cortège de ses funérailles et jamais il ne s'attribuera le talent de ses prédécesseurs.

 Mais comme Schubert le dit si bien ici, "la postérité ne se trompe jamais". Oui Franz, la postérité ne s'est pas trompée.

La musicalité et la beauté des mots de Pierre Charras donnent à la mélancolie douloureuse de Schubert toute la dimension poétique du Requiem de Franz. Sublime.

Bibliographie