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Simon Weber

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 29/05/2013

Depuis le décès prématuré de sa mère, que l’on pourrait qualifier de victime collatérale des attentats du 11 septembre 2001, à en juger par les circonstances presque idiotes de sa disparition, Simon Weber (à ne pas confondre avec Simone Weber...) vit seul avec son père. En dépit des apparences, leur vie à deux ne fonctionne véritablement qu’en présence d’une tierce personne susceptible de rompre le silence dans lequel ils semblent emmurés. Il y aura d’abord Clarisse, l’amie d’enfance de Simon qui passe le plus clair de son son temps libre en leur compagnie, passionnée qu'elle est par la variété et la richesse de leurs sorties culturelles. Puis, après le départ de la jeune femme en Australie, ce rôle essentiel sera occupé par un homme, un certain Amir Kummer. C'est cet étranger qui tendra la main à notre jeune étudiant en médecine d’à peine 19 ans, le jour où il se verra diagnostiquer un gliome avant de s'écrouler dans le parc Montsouris. Si ce geste de secours évoque la célèbre réplique de Blanche DuBois - "j'ai toujours compté sur la bonté des inconnus" - on est néanmoins en droit de se demander si les motivations de cet étranger sont si désintéressées qu'elles en ont l'air. Quant à Simon, précipité dans le monde des adultes par cette impitoyable maladie, il va devoir se poser des questions qu'il n'aurait sans doute jamais soupçonnées.

D’une densité rare en dépit de sa brièveté, ce roman d'apprentissage se trouve sous-tendu par un questionnement permanent sur le sens de la vie. Tout à la fois quête identitaire, quête sexuelle et quête de sens, Simon Weber (paru le 23 août aux éditions Sabine Wespieser) aborde des thèmes aussi variés que la frontière entre l’amour et l’amitié, les racines, la transmission, ou encore la possibilité d’écrire sur la vie d’autrui (et les implications d'un tel acte). Après Les bains de Kiraly (cf. blog) et De lait et de miel (cf. autre blog), Jean Mattern nous livre un roman plus personnel que jamais.

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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