Chargement...
Chargement...

Terre d'impuretés

7673_terre-d-impuretes
Une actualité de Emma F.
Publié le 04/04/2013

La terre... voilà bien le poumon du dernier livre de David Vann, Impurs. David Vann que l'on a d'abord connu pour la page 113 du roman au prix medicis Sukkwan island, page qui nous a fait frissonner d'effroi et de désespoir. Son deuxième roman Désolations se centrait sur les rancoeurs d'un couple vieillissant et les péripéties de leur fille. Le troisième opus voit une famille se déchirer dans la fournaise d'un été californien.

Galen, jeune homme de vingt trois ans, vit avec sa mère dans une vieille maison enfouie sous les arbres. Dans la chaleur accablante de la Californie, leur seul moment d'échanges consiste à prendre le thé tous les jours, à la même heure, sous le figuier. Élevé dans une famille de femmes, Galen n'a jamais connu son père. Il refoule tous les jours cette violence qui se caractérise par un humour pince sans rire envers sa mère, qui tente par tous les moyens de lui cacher le lourd passé familial. Sa grand-mère, atteinte d’Alzheimer a été placée par sa fille en maison de retraite. La tante de Galen, Helen, et sa fille Jenifer, viennent leur rendre visite de temps en temps. C'est lors de cet été que les vérités vont éclater et révéler les non dits qui ont trop duré, beaucoup trop, à tel point qu'il est déjà trop tard. Galen, dont la vie a toujours été étouffée par la présence oppressante de sa mère, tombe vite amoureux de sa cousine, qui joue de lui et le provoque, mettant tous ses désirs inassouvis à vif. Les méditations dans lesquelles il se réfugie tentent, en vain, de rétablir le calme en lui. Malgré l'aide de Siddhartha et du prophète de Gibran,  les esprits s'échauffent et s'égarent, les vérités se mélangent et fusionnent pour laisser petit à petit libre cours au chaos. La terre reprend peu à peu ses droits, et recouvre les humains de leurs pêchés et leurs échecs.

Fidèle à ses romans précédents, le style de David Vann s'accroche à ces familles en peine et déjà déchirées bien avant que ses romans ne débutent. Le lecteur ne peut que constater l'ampleur du poids du passé au regard d'un présent douloureux ,voué à la perte. D.Vann  décrit ici à merveille une relation de survie entre une mère et son fils, à l'aube d'un évènement qui changera à jamais leurs destins. Du grand art!

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (125)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (121)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !