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"Tiens bon la barre et tiens bon le vent"

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Une actualité de Emilie
Publié le 16/03/2016
la traversée du mozambique par temps calme

Voici un roman qui a reçu le soutien de l'équipe littérature lors de sa sortie -et qui avait déjà fait l'objet d'un petit article l'année dernière, souvenez-vous- , et que nous nous faisons le plaisir à notre tour de défendre à l'occasion de sa parution en poche.

La Traversée du Mozambique par temps calme raconte l'improbable quête de la mystérieuse cité inca de Païtiti menée par un équipage on ne peut plus saugrenu: deux frères originaires d'une tribu indienne du nord de l'Alaska , une cuisinière-infirmière à l'esprit pratique à tout épreuve nommée Fontaine, Malebosse, une femme étrange, le grand Jean-Philippe, pirate au grand coeur, le tout dirigé par Belalcazar, un capitaine charmeur aux qualités de navigation plutôt douteuses à en croire ses expériences antérieures.

Un voyage qui commence en mer, qui se poursuit sous terre ensuite, des personnages qui apparaissent puis disparaissent, un nombre incalculable de rebondissements et de déviations, et une quête qui semble ne jamais avoir d'issue. Vous l'aurez compris, Patrice Pluyette s'amuse avec les clichés du roman d'aventure.

Mais plus qu'un roman pastiche, La traversée du Mozambique par temps calme se lit aussi comme une très belle réflexion sur le sens du voyage et sur l'errance. Plus le roman avance, plus Païtiti nous semble inateignable. Pour reprendre les propos du capitaine, "... en contournant Païtiti, on tombe sur Païtiti (il faut entendre par là: "si tu veux atteindre ton but, détourne-toi de ton but") " .

On en vient finalement à se dire que la recherche de cette cité inca n'est qu'un prétexte, et que l'enjeu est ailleurs; et cela, Belalcazar le souligne dès l'ouverture du roman: " Nous sommes tous engagés dans le même combat (...) Il s'agit de sortir le meilleur de soi, vous comprenez? Et d'apprendre à vivre ensemble. Vous me comprenez bien?".

De tels propos ne peuvent que faire échos à ceux que Bouvier met en exergue dans son Usage du monde: " Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lu même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait".

Récit de voyage, quête du Graal, conte philosophique, cette Traversée du Mozambique est bien un roman étrange, qui pourrait laisser le lecteur tout simplement perplexe; mais c'est sans compter sur le charme fou de l'écriture de Pluyette, un subtil mélange de langage soutenu, d'humour ravageur et de détails prosaïques, un mélange  qui n'est pas sans rappeler le style d'un certain Echenoz...

L'idée est donc de se lancer, de se laisser embarquer, car la traversée vaut le détour, veuillez me croire.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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