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Toubles en Ulster

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Une actualité de Marie
Publié le 26/03/2016

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Après Une terre si froide, paru en mars dernier chez Stock, Adrian McKinty revient en force avec son attachant détective Sean Duffy. Dans Dans la rue j’entends les sirènes, Duffy se remet difficilement de la fin de sa dernière enquête. Tout se délite un peu, Belfast est sous une tension extrême, et voilà qu’en prime on retrouve un torse d’homme dans une valise. Rien ne permet d’identifier son propriétaire, à part un mystérieux tatouage « Nul sacrifice n’est trop gran » - le d manquant a dû rester dans le congélateur, pense la légiste. Victime congelée, oui, impossible donc de déterminer l’heure de la mort. L’enquête s’annonce tendue, le mort se révèle être en fait un immigré américain au passé très honorable, au présent très très flou et, de fait, à l’avenir compromis.

Duffy n’est pas au bout de ses surprises. La piste rouge va le mener d’abord dans la campagne profonde, sur les terres d’Harry McAlpine, grande famille influente, et surtout vers Emma, une jeune veuve dont le mari a été tué pour avoir fait parti de l’Ulster Defense Regiment. L’UDR est un régiment de l’armée dont les membres sont recrutés en Irlande du Nord et qui effectuent des patrouilles à pied dans des endroits peu desservis. Par conséquent, ils sont souvent victimes d’attentats aléatoires de la part de l’IRA. Dans son joli cottage anglais, la belle veuve intrigue Duffy, mais pas uniquement que pour l’enquête – of course ! Il va aussi croiser le chemin de l’industriel John DeLorean, qui a récemment implanté son usine de voitures à Dunmurry, dans la banlieue de Belfast, créant ainsi nombre d’emplois ô combien nécessaires et attendus. Surtout, comment faire le lien entre eux, si lien il y a, sans vexer ni les supérieurs de Duffy, ni l’ambassade des Etats-Unis, ni la famille McAlpine, ni le seul pourvoyeur d’emplois de la région ? Duffy se retrouve politiquement coincé, encore une fois. Et s’il lui faut aller jusqu’à Boston pour découvrir le fin mot de l’histoire, il ira, peu importe ce qu’il pourra lui en coûter.

Si vous ne connaissez pas déjà Sean Duffy, c’est l’occasion ou jamais ! Après le terriblement sombre Né sous les coups de Martyn Waites, que nous avions blogué ici, c’est maintenant les Troubles, ou le conflit nord-irlandais, qui est traité. En toile de fond, les rues de Belfast dévastées, le chômage, la désillusion et les magouilles de clans d’obédience différente, les bombes sous les voitures des enquêteurs, les attentats… Heureusement que Duffy ne se sépare pas de son humour noir et cynique typiquement irlandais ! Il est toujours aussi lucide, drôle et attachant. Sous fond de musique classique et rock des années 80, notre enquêteur est maintenant dans une situation plus que complexe, et nous avons hâte de connaître la suite !

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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