Chargement...
Chargement...

Tout est aussi lent que la démarche d'un boeuf sur la neige

999_tout-est-aussi-lent-que-la-demarche-d-un-boeuf-sur-la-neige
Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 16/03/2016

montagnenb1.jpg

 

 

 

 

N'ayons peur de rien et osons entamer la chronique de ce jour par un lieu commun - le fait que la plupart des livres sortent un jour en format de poche est une aubaine. Du côté des lecteurs, les avantages les plus évidents sont d'ordre pratique : ils sont moins encombrants, que ce soit dans un sac ou sur les étagères d'une bibliothèque, et leur prix est plus intéressant. Soit. Mais du côté des éditeurs, des libraires et des critiques littéraires, la sortie des livres en format de poche offre la possibilité d'en parler une deuxième fois sans passer nécessairement pour un gâteux ou un retardataire...

De ce fait, aujourd'hui, et ce pour notre plus grand plaisir, nous allons nous autoriser un retour en arrière à l'occasion de  la parution de Lune de loups dans la collection poche des Editions Verdier. Publié en Espagne en 1985 et traduit en français en 1988, ce livre est le premier roman de Julio Llamazares. Avec la Guerre Civile espagnole comme toile de fond, on suit un groupe de quatre jeunes gens traqués qui se cachent dans les montagnes. Plus que le passage de l'autre côté de la frontière, leur quotidien est dicté par un impératif élémentaire - survivre, tout en se faisant oublier...

Si cet écrivain est plus connu comme l'auteur de La pluie jaune, ce chef d'oeuvre de roman intimiste qui retrace les dernières années d'un villageois isolé dans sa montagne tandis que tous les habitants se sont installés en ville au fur et à mesure, apparaissent déjà dans Lune de loups les thèmes qui lui sont chers. On retrouve ainsi dès ce premier roman, qui figura parmi les finalistes en lice pour le Premio nacional de literatura, cette langue à la fois extrêmement précise et poétique, l'importance de la neige, ainsi que de la couleur jaune, souvent associée à la mort, la finesse de son observation du monde rural, sans compter que Julio Llamazares n'a pas son pareil pour créer des atmosphères graves, mettre en mots les tensions qui habitent ses protagonistes, sans pour autant négliger en aucune façon ses descriptions de la nature.

Notons au passage à l'attention des lecteurs les plus assidus de son oeuvre - est-il besoin à ce stade de préciser que nous en faisons partie (cf. notre blog à l'occasion de sa venue à Bordeaux en octobre dernier) ? - que d'autres titres moins connus sont tout aussi dignes d'intérêt. Il s'agit notamment de son recueil de poésie La lenteur des boeufs (Ed. Federop), ainsi que de deux romans plus personnels, Scènes de cinéma muet et La rivière de l'oubli. Sorti en Espagne en 2005, son dernier roman, intitulé El cielo de Madrid semble amorcer un tournant dans la carrière littéraire de ce grand nom des Lettres espagnoles dans la mesure où celui-ci quitte un environnement champêtre pour se focaliser sur la ville, et pas n'importe laquelle... Affaire à suivre !

 

F.A.

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (120)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !