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Tu seras un homme ma fille

Un paquebot dans les arbres Valentine Goby
Un paquebot dans les arbres de Valentine Goby
Une actualité de Marilyn
Publié le 18/08/2016
Fut un temps où rien n'importait plus que les enfants. Dans l'ordre des choses, on se mariait puis on en faisait deux, trois, quatre sans réellement penser aux conséquences. Ces enfants, il fallait s'en occuper, les éduquer, les aimer, mais...

Un vrai garçon manqué

A la suite du décès de son nouveau-né, Paulo demande à sa femme d'en faire un autre afin de combler la perte. C'est avec une certaine déception cependant qu'il accueille Mathilde ; une fille, il en a déjà une.

Paulo n'est pas un mauvais bougre. Jovial, il est l'un des piliers de la ville grâce à son bar dans lequel il fait danser tous les habitants le samedi soir. Au son de son harmonica, tout le monde l'acclame, tout le monde le vénère.

Mathilde passe son temps à le regarder, à essayer de capter son attention. Pour se faire, elle met plusieurs fois sa vie en danger afin qu'il la sermonne ; s'il s'inquiète, cela signifie qu'au fond il l'aime vraiment. Mais Paulo ne s'en fait pas pour son petit gars, comme il l'appelle, elle sait se débrouiller.

Le sens de la famille

Ces années seront malgré tout les plus douces. Quand Paulo commence à avoir des problèmes respiratoires, on s'inquiète et quand on lui diagnostique la tuberculose, on le fuit. Très vite, la famille éteint la musique, cesse de danser, quitte le bar.

Des notions nouvelles s'inscriront dans la tête de la petite fille : bacille, sécurité sociale. Elle apprendra, au dépend de sa famille, que dans les années 1950 en France, il est gratuit de trouver la maladie des gens mais pas de les soigner.

Un paquebot dans les arbres (éditions Actes Sud) est un véritable hommage à la famille, à ce que l'on est capable de faire pour la garder unie. L'écriture de Valentine Goby - auteur du très apprécié Kinderzimmer -, emprunte de nostalgie, nous offre un texte doux mais aussi terriblement révoltant, nous apprenant que si le sacrifice de soi est un cadeau aussi beau, c'est parce que tout le monde n'est pas capable de l'offrir.

Bibliographie