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Un bath de Wombat

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Une actualité de David V.
Publié le 19/03/2016

BenchleyLa naissance d'un nouvel éditeur donne souvent lieu à des scènes attendrissantes autour du berceau, chacun y allant de sa comparaison, de ses espoirs, de ses doutes, de ses illusions face aux bonnes joues du prometteur poupin. Imaginez celles qu'occasionnera l'apparition du Wombat, animal éditorial imaginé par Frédéric Brument auquel nous tressons des lauriers reconnaissants depuis longtemps car c'est à lui que nous devons quelques résurrections drôlissimes au Dilettante et chez Rivages. Le voilà donc désormais avec sa propre bête à dompter et à faire adopter aux libraires dont tout le monde sait à quel point ce sont de joyeux rigolards qui se tapent sur le ventre à la moindre occasion. Le Wombat, kezaco ? Un hommage à Kenneth Cook qui fait dans l'humour australien agricole ? Non, plutôt, nous a-t-il avoué, la réminiscence d'un livre de Will Cuppy, How to Attract the Wombat dont il nous faut désormais attendre la traduction (mais un Cuppy intitulé Grandeur et décadence d'un peu tout le monde est prévu en mars). On l'aura compris, pas question avec lui de longues figures, de romans psychologiques, d'auto-fictions crapoteuses mais de l'humour, cette chose inventée par les anglo-saxons et que nous leur envions depuis des siècles (mais ils n'ont pas l'Almanach Vermot, c'est vrai), ce talent de faire rire dont M.Brument, cet insensé (c'est le nom de sa collection), s'est fait le chercheur heureux dans un filon dont on connaît les dangers car il n'y a rien de plus délicat et de plus rare que le rire intelligent, d'où la constante tendance des éditeurs à privilégier les pleurnicheries. En janvier, de la rate dilatée du Wombat surgiront donc un recueil du merveilleux Robert Benchley consacré à ces doux agneaux que sont les enfants, de leur plus bas âge à l'adolescence, enchaînement hilarant de situations de l'extrême (Les enfants, pour quoi faire ?  annoncé pour le 6 janvier, ça fait loin) dont nous reparlerons sans doute et qui sera bien visible sur nos tables, et Le journal de Delfeil de Ton dont les méchancetés impitoyables parcourent la presse depuis... disons depuis longtemps et qui secoue le genre diariste à partir d'une histoire improbable de ficelle. Des naissances comme celles-ci, nous en redemandons. Pour l'heure nous préparons les langes, la paille et l'étable pour accueillir le nouveau né.