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Un Candide outre-Atlantique

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Une actualité de Marilyn
Publié le 22/04/2014
WEST-COUVERTUREDerrière le nom de Nathanael West se cache Nathan Wallenstein Weistein, un écrivain New-Yorkais du début du XXème siècle qui a entrepris d'écrire son oeuvre alors qu'il travaillait comme gardien de nuit dans un hôtel pour devenir ensuite scénariste à Hollywood. Ce début de vie qui commence comme la parfaite réalisation du rêve américain s'achève brutalement par un accident de voiture alors qu'il n'avait que 37 ans. Au moins aura-t-il eu la chance de connaître une existence bien plus joyeuse que celle qu'il réserve à Lemuel Pitkin, le héros de son livre intitulé Un bon million ! L'auteur a pourtant toutes les cartes en main pour que ce personnage vive une aventure grandiose car où peut-on devenir quelqu'un à partir de rien si ce n'est aux Etats-Unis ? Néanmoins, pour estimer un destin exceptionnel encore faut-il en connaître des médiocres et celui-ci sera - machiavéliquement parlant - des plus divertissants. Au début de ce roman, Lemuel ne dispose que de 30 dollars, somme qu'il doit uniquement à la vieille Sue, sa vache. S'il décide de partir, ce n'est pas par gaieté de cœur, mais pour tenter de lever l'hypothèque sur la maison familiale qui menace de faire expulser sa mère. C'est avec la meilleure volonté du monde qu'il entreprend son voyage vers la fortune grâce aux bons conseils du très fantasque M. Whipple, un ancien élu à la présidence vivant près de chez lui. Ce chemin sera semé d'embûches, mais surtout douloureux pour notre jeune protagoniste aussi naïf que téméraire qui croisera sur sa route un nombre incroyable de roublards, de voleurs et de criminels en tout genre. Heureusement, pour l'accompagner, il rencontre la belle mais tout aussi malchanceuse Betty... Si l'on juge l'auteur cruel avec son personnage, le lecteur n'en prend pas moins le malin plaisir à lire son histoire grâce à une écriture originale et piquante. La violence dont il fait preuve est la marque de fabrique de l'écrivain qui n'en a pas moins inspiré Saul Bellow ou Nabokov. Un grand livre de la littérature américaine dont il ne faut pas perdre une miette.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?