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Un été napolitain

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Une actualité de Véronique M.
Publié le 29/03/2016

été commissaire ricciardiQui aurait l'idée de commettre un forfait avec cette chaleur ? " maugrée le brigadier Maione qui travaille d'astreinte ce dimanche 23 août 1931. Au contraire, seul son supérieur le commissaire Ricciardi semble concentré sur le nouveau mystère qui va se présenter à la questure de Naples : la duchesse Adriana Musso di Camparino viernt d'être retrouvée assassinée dans son palazzo d'une balle en plein front. Très belle et riche épouse d'un mari plus âgé qu'elle trompait notoirement avec un journaliste de la "Roma" qui aurait quelques liens avec le Duce. Or, la veille, elle venait de subir une scène de jalousie et d'humiliation de la part de son amant dont la jalousie (donna Adriana attirait tous les regards masculins au théâtre) l'aurait conduit à la menacer publiquement de mort.

De nombreuses fausses pistes vont semer le trouble dans cette affaire décidément trompeuse à bien des égards puisque Luigi Alfredo Ricciardi va lui-même se trouver l'objet de la convoitise de Livia, la veuve du ténor Vezzi dont notre commissaire avait résolu l'énigme de la mort dans l'inaugural et excellent Hiver du commissaire Ricciardi. Les éditions Rivages/Noir poursuivent la traduction inédite en format poche des enquêtes saisonnières  et savoureuses de ce flic hors du commun dont nous sommes tombés entièrement sous le charme ! Pourtant, il se murmure que ce solitaire aux méthodes peu conventionnelles ferait commerce avec le diable puisqu'un don proprement extraordinaire lui a été octroyé dès son enfance : il voit et entend les morts, leurs dernières paroles autant que les dernières émotions qui les ont animés. Cette "Chose" qui l'aide à découvrir la vérité sur des meurtres pourrait tout aussi bien s'avérer une malédiction puisqu'elle le marginalise en le tenant éloigné des hommes et... de sa si belle voisine Enrica. Il se contente alors chaque soir de la regarder broder à sa fenêtre, rêvant secrètement d'elle jusqu'à ce que son enquête l'amène à faire sa connaissance (voir Le printemps du commissaire Ricciardi). Touchée en plein cœur par cet homme sensible, leur relation balbutiante est mise alors à rude épreuve par la jalousie (désir rival entre Livia l'entreprenante et la douce Enrica) qui va embraser les cœurs de tous les personnages, et en premier lieu de notre mélancolique et si attachant commissaire : car au contraire de l'amour, la passion peut engendrer le pire des crimes...

Avant l'automne pour une nouvelle enquête et la suite des aventures sentimentales de ce policier qui a "fait sienne la douleur des morts" (Fionna Griffiths de la police de Galway serait son pendant féminin notamment dans le premier et réussi  La mort pour seule compagne de Harry Bingham paru chez 10/18), vos libraires vous conseillent vivement la lecture d'un autre polar du même Maurizio de Giovanni qui met en scène à notre époque l'inspecteur Lojacono (premier volet) dans  La méthode du crocodile (éditions 10/18) un autre régal napolitain dont on attend également et vivement la suite !

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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