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Un léger goût de Safran

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Une actualité de David V.
Publié le 19/03/2016

sege-safran.gifL'éditeur nous pardonnera ce vague jeu de mots épicé qu'il doit subir depuis sa naissance (au milieu du siècle dernier) mais qui a au moins le mérite de témoigner qu'un nom comme Safran a vite fait de se retenir. Et l'éditeur en l'occurrence est un débutant puisque viennent de naître en ce torride mois de mai les éditions Serge Safran. Quoique l'éditeur en fait est tout sauf un débutant puisque cela fait bien trente ans qu'il pratique ce milieu, en faux dilettante, d'abord au Castor Astral, maison bordelaise comme lui, puis chez Zulma qu'il fonde avec Laure Leroy en 1991 et dont on connaît la splendide réussite. On le sait aussi écrivain comme le prouve joliment son dernier livre paru chez Léo Scheer, Le voyage du poète à Paris, déjà sur la première liste du Renaudot. Bref l'homme a de la ressource et comme il lui restait sans doute un peu de temps il a choisi de lancer sa marque, sans faussse pudeur avec son nom dessus. Son ambition est raisonnable et nous laisse penser que ce n'est pas la fortune que recherche ce directeur littéraire aux choix très respectés parmi ses pairs. Trois livres par an viendront enrichir ce mince catalogue qui se souciera d'exigence. L'éditeur annonce qu'il s'agit d' "un choix personnel guidé par l'originalité du sujet, la force d'émotivité et le dérangement des codes établis, qu’ils soient moraux, littéraires ou esthétiques. L'idée est avant tout d'offrir de réelles découvertes. Donc de privilégier, sans que cela soit une contrainte, ni une limite, de nouveaux ou jeunes auteurs, en tout cas des écrivains méritant d’être soutenus et encouragés avec passion". Sans revendiquer la "rupture" (rompre actuellement relèverait de l'exploit tant on a l'impression que l'incorrect est devenu une sorte de norme), il croit en l'universalité, en ce qui peut naître de visions opposées du monde. En guise d'opus 1, c'est Dominique Paravel qui a la mission d'essuyer les plâtres, et quelle ville mieux que Venise pour cette ouverture, cité de la splendeur et de la ruine. Nouvelles vénitiennes ne trahit pas les débuts de son auteur née en 1955 et vénitienne d'adoption depuis près de trente ans car le style en est élégant, maîtrisé, à la fois classique et sans affèterie. Livre amoureux sur cette cité qui compte des milions de soupirants, livre voyageur qui s'inscrit dans le temps pour y puiser des histoires, ce recueil est multiple et cohérent, suite de sept aventures de personnages qui vivent leur relation avec la Sérénissime comme une histoire d'amour et de défi. On serait tenté de raconter à notre tour les mystères évoqués et les personnages qui semblent tous avoir existé (et si ce n'est pas le cas, c''est crédible...) mais ce ne serait pas rendre service à ce nouveau né qui aura besoin de tous les enthousiasmes, et pourra en tout cas compter sur le nôtre. Longue vie donc à Serge Safran Editeur.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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