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Un petit roman lumpen de Roberto Bolano

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Une actualité de Marilyn A.
Publié le 30/08/2013

Roberto Bolaño fait partie de ces auteurs qui nous ont quitté bien trop tôt (il est décédé à l'âge de 50 ans) et c'est donc toujours un véritable  plaisir de voir paraître des textes inédits. Nous avons eu la chance le 1er mars de recevoir de la part des éditions Christian Bourgois trois ouvrages de l'auteur : Un petit roman lumpen, que nous aborderons plus amplement ici, Trois et Les chiens romantiques, des ouvrages poétiques.

Si vous êtes attentif au titre, vous imaginerez bien que ce n'est pas dans un milieu bourgeois que va se dérouler cette histoire, bien au contraire. Pour la première fois, Roberto Bolaño place son récit à Rome et donne la parole à une jeune femme qui revient sur son passé de délinquante.

Tout le monde se souvient de cette citation d'Arthur Rimbaud "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans" et, dans la plupart des cas, elle s'avère juste, quel que soit le chemin déjà parcouru. Devenus orphelins, la narratrice et son frère se retrouvent seuls et n'échappent pas à cette règle, sauf qu'il n'existe plus personne pour les arrêter ou leur imposer des limites. L'adolescence est un passage difficile et devenir indépendant du jour au lendemain est un choc. Le lecteur ne sera donc pas étonné de voir ces jeunes gens déraper.

Cela commence en douceur, mais l'évolution est proportionnelle au sentiment de manque que leur inspire la disparition de leurs parents. Au début, ils veulent honorer leur mémoire, continuer d'aller à l'école pour qu'ils soient fiers et devenir quelqu'un. Cependant, la réalité les rattrape et le manque d'argent se fait sentir un peu plus chaque jour. Il faut donc trouver un travail sans nécessairement abandonner les études, mais la lassitude de cette vie sans joie ne leur inspire aucune motivation.

Même en pleine nuit, tout est bien trop clair depuis l'accident et cela ne fait qu'empirer leur état dépressif. L'alcool, les cigarettes, le sexe ne leur apportent aucun plaisir et ne leur font pas le moindre mal. En vérité, ils ne ressentent plus rien et restent affalés devant leur boite à bêtises, ou pour employer un synonyme plus commun : leur télévision. Tout va de mal en pis et la seule solution qui leur vient à l'esprit est de cambrioler le coffre-fort d'un ancien catcheur aveugle...

Sombre tableau, n'est-ce pas ? Pourtant, le lecteur devra garder à l'esprit la première phrase sur laquelle s'ouvre le roman : " À présent je suis une mère et aussi une femme mariée..." et c'est sur ces quelques mots que toute la grandeur de Roberto Bolaño apparaît car on peut tomber bas, tellement bas qu'il semblerait impossible de pouvoir se relever, mais une solution existe toujours. C'est donc l'espoir qui règne dans l’œuvre de l'auteur que nous vous invitons expressément à découvrir.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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