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Un roman de roman

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Une actualité de Gwénaël Rocher
Publié le 16/03/2016

William Thackeray

Quel lien peut bien unir Robert Taylor, Roger Moore et William Thackeray ? En dehors du fait qu'ils furent tous les trois des Apollon (bon, sans vouloir lui manquer de respect, on est quand même moins sûr pour Thackeray...), ces trois personnalités ont eu un rapport étroit avec Ivanhoé, le chef-d'oeuvre de Sir Walter Scott publié en 1819. Ce roman a connu de très nombreuses adaptations pour le cinéma et le petit écran, le rôle d'Ivanhoé étant joué par Robert Taylor, puis par Roger Moore, pour ne citer que les plus connus. Du coté de la littérature, c'est William Thackeray qui s'est emparé de l'histoire de ce chevalier exemplaire. Mais qui a lu La foire aux vanités se doute bien que l'auteur va donner une toute autre dimension à ce personnage, en usant de son sens de l'ironie intemporel et mordant.

Ivanhoé à la rescousse !, publié en Rivages,  commence là où finit Ivanhoé made in Walter Scott. Petite piqûre de rappel : le roman d'origine voit Richard Coeur de Lion revenir sur le trône d'Angleterre et Ivanhoé épouser la belle Rowena. Mais quiconque a lu ou même vu le film aurait préféré le voir épouser la non moins belle et courageuse Rebecca, qui lui a sauvé la vie et à laquelle il n'était pas indifférent. Heureusement Thackeray ne veut pas laisser le pauvre héros abandonné à son triste sort et lui rend justice en inventant une suite pour le moins étonnante. En effet, Ivanhoé, lassé de sa femme bigote et acariâtre, décide de reprendre le glaive à côté de son iréductible compagnon de combat Richard Coeur de Lion. Bien entendu, l'espoir de retrouver Rowena motive notre grand chevalier...

Ce court roman qui se déguste comme une fraise tagada regorge d'humour et d'inventivité. Tout le monde en prend pour son grade :  les personnages sont magnifiquement tournés en dérision, les clichés du roman de chevalerie sont dénoncés avec une drôlerie qui fait mouche, l'hypocrisie de la société est montrée sous sa véritable face, c'est-à-dire la plus risible.

Au final, une question demeure : par quelle version vaut-il mieux commencer, celle de Scott ou bien celle de Thackeray ? A première vue, il s'agit d'un non sens. Le livre de Walter Scott est celui qui a posé les fondements de cette histoire qui témoigne d'une exceptionnelle  force créatrice. Mais le récit n'en est pas moins long et complexe. Finalement, la version de Thackeray parait une excellente introduction au texte de Walter Scott, d'autant plus que ce pastiche n'est pas sans rappeler l'excellent Sacré Graal ! des Monty Python. C'est dire si c'est drôle ! Allez, en guise de récompense pour avoir lu cet article jusqu'au bout, on vous offre cet extrait cultissime :

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