Chargement...
Chargement...

Un roman sombre et fort, un hymne au savoir

7627_un-roman-sombre-et-fort-un-hymne-au-savoir
Une actualité de Anaïs
Publié le 25/03/2016

Certaines personnes traversent l'existence avec délicatesse. Non pas que l'ambition leur soit inconnue, ou que leur cœur soit de glace.

Non, si ces personnes vivent à tâtons, c'est parce qu'elles ont bien trop peur que quelqu'un leur crie « IMPOSTEUR » !

William Stoner est l'une de ces silhouettes. Fils de paysans né à la fin des années 1800 dans le Missouri, il découvre à 18 ans, engoncé dans un costume en grosse toile acheté pour l'occasion, les joies de l'université.

Après quelques semaines passées à étudier l'agronomie, Stoner tombe en amour (comme on tombe de sa chaise) avec la littérature. Discret, il entretien néanmoins des rapports privilégiés avec un professeur de la faculté, et c'est en spécialiste de la littérature médiévale qu'il ressortira diplômé... pour tout aussi vite venir renforcer les rangs des professeurs.

Stoner se révèle être aussi innocent vis à vis des femmes qu'il l' a été avec la littérature. Il tombe amoureux puis se marie avec une jeune personne bien plus riche que lui. John Williams nous offre avec Edith Stoner un portrait d'hystérique, neurasthénique, bref d'une perverse et horripilante petite personne. L'auteur s'emploie à nous montrer les ravages d'une éducation puritaine sur ce couple : l'un comme l'autre arrive dans ce mariage complètement novice quant aux choses de l'amour, et ce n'est pas la tendresse d'Edith qui viendra palier à leur ignorance. Si elle ne montrera aucun instinct maternel, William Stoner adorera être père. L'idée de la transmission, le rôle de passeur se révélera être au centre de sa vie. Professeur enthousiaste, son aura ne dépasse pourtant pas l’amphithéâtre, ses collègues ne montrent pas vraiment de sympathie, et certains iront même jusqu'à tenter de le faire démissionner.

Un homme une fois m'a dit « ce sont les petites défaites de chaque jour qui font que l'on finit comme un vieux con ». La sagesse de cette citation mérite d'illustrer le portrait de William Stoner.

 Stoner est un très grand roman. Un roman près du sol, (je parle aux lecteurs de Steinbeck), près des hommes. C'est aussi un hymne à la littérature, au savoir, et là je parle à ceux pour qui Martin Eden de Jack London à marqué leur vie. On dira aussi beaucoup de bien en librairie de cette traduction d'Anna Gavalda !

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (124)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (120)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !