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une bonne tranche pour commencer mai

16_une-bonne-tranche-pour-commencer-mai
Une actualité de David V.
Publié le 09/05/2013

Robert Benchley  Pourquoi personne ne me collectionne ?Le supplice des week-ends ! Comment vous ne connaissez pas Le supplice des week-ends ? Bon, oui, d'accord, vous le subissez peut-être de temps à autre quand, collé à la vitre du salon vous regardez dégouliner la pluie qui paraît sortie d'un robinet laissé ouvert par un créateur oublieux et que la télé vous condamne à ses plus insipides programmes le jour où vous n'avez plus rien à lire. Non, je ne parle pas de supplice-là qui vous regarde et dont je n'oserais pas me mêler. Ma pensée va plutôt vers le livre génial portant ce titre et que nous voudrions ardemment vous conseiller à longueur d'année si 10-18 n'avait pas omis de le réimprimer. Robert Benchley, qui en est l'auteur inspiré, nous rend triste quand on le sait épuisé, il nous rend euphorique quand un éditeur se décide enfin à aller piocher dans sa petite montagne de chroniques pour en faire un volume. Rivages a tenté l'expérience avec un petit livre de poche l'an dernier (Démence précoce), prudemment on ne sait jamais. Il faut croire ou conclure que l'opération a porté ses fruits puisque c'est aujourd'hui en grand format que ce vieux Bob réapparaît. On doit à Frédéric Brument, qui avait déjà ressuscité le négligé au Dilettante (L'expédition polaire à bicyclette & Psychologie du pingouin) cette heureuse surprise qui va nous permettre de savoir enfin Pourquoi personne ne me collectionne ?

De l'angoisse du bureau impossible à ranger (tout le monde sait qu'un bureau est impossible à ranger, il n'empêche que se l'entendre dire fait du bien) à l'angoisse de remplir sa déclaration d'impôt (activité de saison et preuve irréfutable de la grandeur éternelle de Benchley) en passant par l'angoisse de rédiger un courrier administratif ou l'angoisse de devoir ériger un barrage quand on n'en a pas les compétences sans omettre l'angoisse de ne pouvoir approcher une asperge de sa bouche sans se l'enfoncer dans l'oeil, cet ouvrage que l'on dirait volontiers roboratif si on n'avait plutôt choisi d'employer les termes : hilarant, désopilant, marrant et poilant successivement, aborde tous ces sujets cruciaux avec courage et lucidité, et encore je n'évoque qu'à peine d'autres troublantes réflexions et je ne parle carrément pas de la plongée affolante dans la résolution de crimes mystérieux qui ferait vite passer Sherlock H. pour un amateur si l'on ne craignait de s'aliéner durablement les fanatiques de ce dernier toujours prêts à en découdre avec vous pour le moindre prétexte, mais là je change de sujet. Pour renfort de potage, on notera que ce petit livre au prix modique a l'avantage d'être jaune, ce qui le rend particulièrement facile à repérer dans le noir, encore que lire dans le noir nous paraît déconseillé au nom du plus simple bon sens.

 

Caricature Robert Benchley  © Al Hirschfeld

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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