Chargement...
Chargement...

Une bouche sans personne

Une bouche sans personne.jpg
Une actualité de Anaïs H.
Publié le 10/01/2018
Mais que peut bien cacher cet homme sous cette écharpe qui ne le quitte jamais ?
47 ans, comptable dans une entreprise, sa vie est réglée comme du papier à musique. Mais un papier à musique assez monocorde finalement, puisque c’est tous les jours ce même refrain, assez peu entraînant il faut le dire. Tout d’abord, il prend le métro, puis se rend au bureau, échange assez peu avec ses collègues, qui finissent par l’oublier d’ailleurs, reprend le métro dans le sens inverse, parle du temps qu’il fait avec sa boulangère, croise cette femme qui promène son chien et qui s’obstine à l’ignorer, puis retrouve enfin ses amis, autour d’un café amélioré. Tout est calculé à la seconde près. Il est comptable après tout, c’est son travail de faire en sorte que les choses soient toujours en ordre. Mais voilà, un soir, le drame se produit, il renverse un peu de son café sur son écharpe. La panique le gagne, il prend la fuite, il ne peut tout de même pas l’enlever, que pourrait-on penser de lui ? Ses amis sont gênés. Que dire ? Que faire ? Eux  non plus ne savent pas ce que cache cette écharpe…


Alors il décide de tout leur raconter. De leur dire à quel point l’Histoire l’a piétiné et combien il est plus facile de vivre avec secret, plutôt qu’avec une différence. Oui, parce que les regards ne sont pas les mêmes. Avec un secret, on attise la curiosité, mais avec une différence, on nous observe du coin de l’œil, en se demandant ce qu’il a bien pu arriver. Mais en eux, il a confiance. Il sait qu’il ne sera pas jugé, alors il compte bien tout leur raconter.


C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert ce roman, de cet auteur encore méconnu (dont c’est d’ailleurs le premier roman). Et quelle fut ma surprise lorsque j’ai découvert qu’en fait, il allait entrer dans mon Panthéon de libraire ! L’auteur, Gilles Marchand, est un conteur né. De sa plume à la fois légère, poétique et fantaisiste, il parvient à aborder des sujets, ô combien difficiles, comme la différence, le regard des autres, la solitude, mais aussi la mémoire, la vérité et surtout l’Histoire avec un grand H. Ne passez pas à côté de ce roman, il s’agit d’un chef d’œuvre.

Bibliographie

Abonnement

Derniers articles du blog "Ces mots-là, c'est Mollat" envoyés chaque semaine par mail

Contributeurs

Marilyn (131)

Libraire, lectrice, mais pas liseuse. @MarilynAnquetil

Emilie (123)

"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

Véronique M. (119)

Une libraire qui aime les chats (surtout le sien !), vénère Proust, et est capable dans un grand éclectisme de se régaler avec un essai critique pointu, un recueil de poésie ou un bon polar !