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Une journée dans la vie de Nanou

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Une actualité de Fleur Aldebert
Publié le 25/03/2016

"Je suis une pute de rue. Pas une call-girl ou quelque chose comme ça ; non, une vraie pute de trottoir, à talons hauts et cigarettes mentholées. (...) Je ne vous dirai pas comment j'en suis arrivée là, ça vous ferait trop plaisir. Vous n'aurez rien d'autre que ma journée. Si vous vous attendiez à ce que je parle de viol, d'abandon, de VIH et d'héroïne, décampez pervers. Il n'y aura pas de drame familial, de faits divers ou de petite psychologie." Elle n'y va pas par quatre chemins, Nanou. Résidente permanente d'un minable hôtel parisien ironiquement baptisé le Zénith-Hôtel, elle a choisi de faire le trottoir plutôt que d'être caissière au supermarché. A ses heures perdues, elle gribouille dans un journal. Non pas qu'elle croie avoir un talent particulier, mais ça lui permet de tuer le temps, et sans doute aussi, de s'évader un peu. Mais au-delà du portrait décontenançant de cette femme qui a appris à modérer ses attentes face à la vie, Zenith-Hôtel nous offre une galerie de personnages solitaires et abandonnés, des petites gens qui mènent pour la plupart une vie tranquille sans faire trop de remous ou de bruits. Ainsi, en dehors du premier client de la journée, un taulard paranoïaque qui a fini par descendre sa famille, persuadé qu'il était d'être la proie de leurs funestes manigances, on rencontre un instituteur marié qui fantasme sur des inconnues croisées dans la rue, un vieil homme et son chien mourant, un trentenaire épris de mobylettes et de liberté retourné vivre chez ses parents, un jeune homme qui rêve d'ouvrir un bar avec son frère, et enfin un homme qui trompe sa solitude avec des bonsaïs. Écrites dans une langue âpre, crue et sans fioritures, ces tranches de vies désabusées mais néanmoins attachantes sont souvent hantées par un une même tentation, un même rêve bucolique, celui de quitter la noirceur de la ville pour s'installer à la campagne. Que de contrastes...

Paru aux éditions Finitude, l'excellent éditeur bordelais qui nous a  fait découvrir Jean-Pierre Martinet, le premier roman du jeune Oscar Coop-Phane est une véritable découverte. Décidément, les jeunes romanciers ne cessent de nous surprendre ces derniers temps !

F.A.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?