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Une route à soi sur la route de la Soie

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Une actualité de Martine
Publié le 09/05/2013
L’ombre de la route de la soieLe nom de Colin Thubron ne dit malheureusement pas grand chose aux amateurs français de littérature et c'est grand dommage car il appartient à cette race à part d'auteurs qui ne se servent pas que de la fiction pour servir les Lettres et assouvissent notre besoin d'ailleurs en nous plongeant dans des aventures frappées du sceau du vécu. Dans la grande tradition des travellers writers anglais qui possèdent cette distinction qui paraît leur coller à la peau même pendant les moments les plus épouvantables, il construit depuis les années soixante une solide bibliographie d'oeuvres de référence. Son style, éblouissant d'élégance le rend reconnaissable à l'instar d'un Bruce Chatwin dont il fut l'ami. Son souci constant de ne pas être approximatif, de trouver l'information ou la source juste, confère à ses ouvrages une valeur documentaire qui renforce l'adhésion du lecteur qu'on a depuis longtemps échaudé avec des récits de voyage d'une légèreté suspecte. Car Thubron va jusqu'à apprendre les langues des pays sur lesquels il va enquêter, à étudier leur botanique, science dans lequel il est un expert.
Dans les années soixante, il s'intéressa d'abord au Moyen Orient : Israël, Liban, Syrie, avant de pousser ses investigations vers la Russie (Les Russes, édité par Payot en 1991 mais qui date de 1983, en plein brejnevisme) et la Chine (Derrière la grande muraille, paru aussi en 91 mais à l'origine en 1987). L'éclatement de l'empire soviétique le poussera à une enquête approfondie vers ces territoires alors mal connus.
Bientôt septuagénaire (il est né en 1939), il n'en reste pas moins d'une activité et d'une verdeur à faire pâlir les plus sportifs d'entre nous. En témoigne l'objet de ce petit billet Colin Thubron  copyright Sally Soamesanalyses stupéfiantes sur ces peuples croisés tiraillés par la puissance de leur histoire et leur aspiration désordonnée vers la modernité, torturés par un choix qui les pousse dans les bras de l'intégrisme. Mais ce qui fait la force de Colin Thubron reste avant tout sa force d'évocation, son talent à nous rendre palpable les éléments, sa dimension véritablement visionnaire, celle qui nous autorise à penser qu'avec lui nous tenons un très grand écrivain du voyage, un très grand écrivain tout simplement. Il serait temps que les Français en prennent conscience.

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"Jeune fille", lectrice de "Roman(s) russe(s)" ou de "Chef (s) -d'oeuvre inconnu(s)", j'aime "Mes amis", "Courir", "Penser/classer" et je lis en toute "Saisons". Au "Square", "Des journées entières dans les arbres", sur "La Côte sauvage", "Le Livre" est "Auprès de moi toujours". Des oeuvres d'Anne Wiazemsky, Emmanuel Carrère, Honoré de Balzac, Emmanuel Bove, Jean Echenoz, Georges Perec, Maurice Pons, Marguerite Duras, Jean-René Huguenin, René Belletto et Kazuo Ishiguro se cachent dans ce petit texte, saurez vous les retrouver ?

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